Mireille Helou37:23
Oui, encore une fois, je commence à me dire que j'ai construit des choses. C'est vraiment les achats, et j'ai envie d'aller voir autre chose. J'ai envie d'aller vers l'opérationnel, de faire autre chose. Mon chef de l'époque me dit que j'avais été identifiée — j'avais fait des sujets à très haute visibilité dans l'entreprise. Il me propose d'être un peu son bras droit pour travailler sur la transformation, avec des enjeux de transformation des achats. Il me confie la communication, la gestion des compétences, etc.
Au départ je me dis que je vais m'ennuyer dans un truc comme ça. Je dis ok mais pas plus de 18 mois. Je le fais pendant 18 mois. C'est très auto-centré, je ne suis pas en contact avec l'extérieur, je suis beaucoup plus focalisée sur l'intérieur : les compétences, trouver des écoles pour les meilleurs recrutements, la marque employeur, faire que les achats soient primés, le contrôle interne, les process, la communication interne.
C'était important parce que j'ai compris — c'était un moment très important. Ça m'a permis de découvrir France Télécom de l'intérieur, ses modes de fonctionnement, les processus budgétaires. C'est à ce moment-là que je les découvre vraiment.
J'ai découvert la maison de l'intérieur, c'était instructif. Mais 18 mois, mon cœur, je voulais repartir sur autre chose. C'est toujours aux achats, mais chaque expérience a été singulière. Là je prends la direction des achats et de la supply chain, j'élargis mon périmètre. Je gère des équipes au global, les pays. J'ai des équipes centrales, je prends l'avion avec les décalages, le côté multiculturel.
On est persuadé que l'Afrique c'est un pays, une culture. L'Afrique est hyper grande, et chaque pays a ses particularités. À l'intérieur de chaque pays aussi. Le Moyen-Orient — la Jordanie et l'Égypte, ça n'a rien à voir. Il y a une gouvernance centrale, des méthodes qu'on veut inculquer, et on est typiquement dans le global versus local. Le local veut faire ce qu'il veut, le global voudrait qu'ils fassent comme ça. C'est beaucoup d'interactions, d'écoute, de compréhension.
Je suis convaincue que pour convaincre les gens, il faut comprendre leurs enjeux. Tant qu'on n'a pas compris leurs enjeux, on ne peut pas avancer. Donc il faut comprendre leurs enjeux. Ça me permet de découvrir pour chaque filiale, pour chaque pays, quels sont ses enjeux, et essayer de construire quelque chose avec les équipes locales au travers de ces enjeux, tout en ayant en tête la gouvernance. C'est joindre les deux bouts et fédérer autour d'enjeux communs.