Jean-francois Cirelli5:34
Je crois qu'il y a des évolutions, je vais vous en donner quelques exemples. Maintenant, il faut voir d'où nous partions. Quand il y a cinq ans, vous vouliez faire de l'environnement, il n'y avait aucune base de données sur quoi vous fonder. Naturellement, les rapports des entreprises sont en général faits pour vous expliquer que tout va bien et que tout est vert. La réalité était différente. Donc il a fallu mettre en place des bases de données pour pouvoir comparer les performances. Et d'ailleurs, on n'est pas encore au bout de tout cela, même si les choses se sont un peu améliorées. Des agents spécifiques, des notes, oui, il y a des indices, des agences, mais il faut bien que tout cela se standardise. Donc ça a pris beaucoup de temps et c'est logique. Aujourd'hui, encore une fois, nous avons fait beaucoup de progrès. Ensuite, il est plus facile, bien évidemment, de dire à des gens qui disent « moi je voudrais faire quelque chose pour la planète » de leur dire : écoutez, vous pourriez déjà commencer par ne pas investir dans un certain nombre de secteurs. Donc en effet, nous sommes partis d'un mode plutôt restrictif mais qui s'est aussi développé largement. Aujourd'hui sur BlackRock, il y a à peu près 15 jours, nous avons annoncé des ETF, donc des fonds indiciels, qui sont avec des restrictions, ESG-compatible. Sur les 6 000 milliards de BlackRock, on considère que nous en avons 500 milliards qui sont ESG, c'est-à-dire qu'ils répondent à des considérations environnementales. Ensuite, encore une fois, tout dépend de ce que demandent vos clients, puisqu'il ne faut jamais oublier que les décisions, nous ne les prenons pas nous-mêmes, nous les prenons au nom de nos clients. Si vous prenez par exemple la réglementation américaine, elle n'oblige les gérants à ne prendre en compte que la performance financière de leur fonds, pas d'autres considérations. Maintenant du côté de BlackRock, on veut aller plus loin. Nous avons des fonds dits impact, qui sont destinés à une catégorie d'investisseurs qui vous disent très clairement dès le départ : j'ai des considérations financières mais je veux y introduire d'autres considérations, et si ces autres considérations, notamment environnementales, sociales, sont en conflit avec la performance, en gros, je m'en fiche un peu, je prends quand même. Mais ça, c'est une minorité — ce sont des family offices, ce sont de grandes universités par exemple américaines. Ce n'est pas la majorité. Mais en revanche, de notre côté, nous avons par exemple des fonds où vous pouvez investir dans l'industrie low carbon — donc vous pouvez choisir dans le secteur industriel les industries qui sont les moins émettrices de CO2. Et puis nous avons récemment un garçon qui était le conseiller environnement de Barack Obama qui a rejoint BlackRock, et nous sommes en train de créer un fonds de transition, parce que pour transitionner vers une énergie plus propre, il faut des considérations environnementales. Parce que l'idée, c'est de ne pas punir, l'idée c'est d'accompagner. Et donc il faut regarder la situation non pas comme une photographie mais plutôt un film, et le film est en train de bien se dérouler.