Bonjour et bienvenue dans ce nouveau numéro du journal des biotech. Dans cette édition, on parlera dans notre point d'actu des dossiers chauds du moment avec Jamina Elbourrini. On regardera ce qui se passe sur DBV, sur Valneva et on s'intéressera aux acquisitions géantes réalisées en ce moment par les grandes pharma américaines. Et puis notre entretien est consacré à Laurent Lévy, président du directoire de Nanobiotix. Le journal des biotech, c'est parti.
Et je reçois pour le point d'actualité Jamina Elbourrini, analyste chez Invest Securities. Bonjour Jamina.
Bonjour Laura. Bon alors il faut le dire, le choix a été compliqué parce que l'actualité est particulièrement dense en ce moment dans le secteur. On s'est arrêté sur trois dossiers à commencer par Valneva parce qu'on a beaucoup parlé des attentes qu'il y avait autour de son vaccin contre la maladie de Lyme. On attendait des résultats, on les a eu et en tout cas, et on va voir avec vous s'il a eu raison ou pas, le marché a trouvé qu'il n'était pas du tout du tout à la hauteur des attentes. Qu'est-ce que l'experte que vous êtes en pense ?
Effectivement, ça réagit plutôt à la baisse. On pourrait penser qu'il y a eu une surréaction de la part des marchés et en réalité sur la question de savoir si effectivement il y a une surréaction ou pas, la réponse comme souvent est plutôt nuancée. Donc c'est oui et non.
D'accord. Alors oui, effectivement c'est une surréaction puisque les résultats sont parlants. On a quand même 70 % d'efficacité sur un vaccin contre la Lyme, c'est quand même un très bon score. Sachant qu'il n'existe aucune autre solution, c'est d'autant plus un bon score parce que voilà, on est quand même sur une protection de l'ordre de 70 % donc ça n'est pas rien. Ensuite, effectivement sur le plan clinique donc le résultat est assez peu contestable, en tout cas discutable. En réalité, la déception vient du fait que sur les deux études qui ont été menées, l'une n'a pas atteint son critère primaire en terme statistique.
C'est ça en fait. C'est ça en fait qui a visiblement été qui a posé problème.
C'est ça exactement. Sur le plan clinique, il y a pas de discussion possible. Le vaccin fonctionne. On a un taux d'efficacité de 70 %. Sur l'une des deux études, en fait, on n'a pas eu suffisamment d'événements pour atteindre la puissance statistique. Donc, on a des résultats qui sont plutôt bien orientés. Mais effectivement sur le plan statistique, donc vraiment purement mathématique, il y a pas eu suffisamment d'événements pour qu'on puisse dire que le résultat qui est observé est un résultat solide, fiable.
Ouais, c'est ça. Vraiment, c'est la robustesse statistique qui a été remise en question sur l'une des deux études.
OK. Donc effectivement, le marché a peut-être un petit peu surréagi et en fait la réponse non à cette question, c'est que en réalité c'est pas tellement une réaction sur ce programme là en particulier. En fait un rattrapage de news en tout cas de signaux qui étaient perçus un petit peu négativement et qui n'avaient pas été intégrés dans le cours justement en attente de ce rendez-vous qui était un rendez-vous crucial dans la lecture du dossier à Valneva pardon. Et donc en fait espèce de point de suspension sur ces résultats là et les différents événements négatifs qui sont arrivés en fait sur ce dossier au fur et à mesure ont été dilués en tout cas temporisés en attendant de ce catalyseur là et finalement en fait on s'attendait à des résultats qui soient vraiment très propres sur le plan clinique et statistique et ça n'a pas été le cas et finalement en fait ça a juste permis un réancrage.
Ouais de l'equity story globale et tous les comment dire les petites déceptions.
C'est ça ouais, ils ont payé les petites déceptions d'un seul coup en fait quand je vous écoute.
Voilà en fait, voilà tout ce qui avait été temporisé jusque-là on a tendance avec ce catalyseur là en fait bah il y a eu un effet de rattrapage. Donc on a effectivement le dossier Xchic comme on le sait qui malheureusement a été très déceptif sur la fin de l'année et qui le sera encore à mon avis puisqu'effectivement en face de ça indépendamment du cas isolé de Valneva, on a quand même en face un concurrent Bavarian Nordic qui gagne très sérieusement du terrain sur le sujet. On a eu les résultats financiers aussi sur 2025 qui ont montré des guidance pour 2026 qui étaient plutôt timides pour ne pas dire. Voilà. Donc en tout cas très en dessous du consensus. Donc là aussi normalement on aurait dû avoir une lecture négative. Le titre a plutôt bien résisté mais c'était toujours en attente des résultats de Lyme et si les résultats étaient ressortis franchement positif ça aurait permis en fait de passer outre tous ces sujets un peu négatifs. Mais comme ça n'a pas été le cas en fait il y a eu un rattrapage et un réancrage de toute l'histoire autour de ce catalyseur là un petit peu un petit peu décevant.
Bon Jamilia, moi je retiens dans ce que vous avez dit quand même que c'est un vaccin pour lequel aujourd'hui il n'y a pas d'équivalent, qu'il offre quand même une protection qui est pas négligeable sur un vrai besoin. C'est quoi la suite dans cette indication pour Valneva et pour son partenaire ?
Ben la suite, comme l'a très bien dit Pfizer, c'est qu'ils allaient déposer un dossier de demande d'autorisation sur le marché américain en première intention et ensuite il y a de fortes chances que ça suive en Europe et dans d'autres zones. Le marché est quand même significatif parce qu'encore une fois, il n'existe rien. Un taux de protection de 70 % c'est un très bon score quand on sait que la moyenne des vaccins pour des infections virales, on est plutôt en général entre 45 et 55 %. Donc ça montre qu'effectivement on est quand même sur un résultat qui est quand même cliniquement très bon. Voilà. Donc Pfizer, si Pfizer dépose le dossier cette année, on peut s'attendre vu la force de frappe de Pfizer que ça puisse être déposé dans le trimestre qui suit ou dans les 6 mois en tout cas devant nous. On pourrait avoir un retour de la FDA qui sera la première agence sollicitée l'année prochaine et effectivement là-dessus on a des royalties qui reviendront à Valneva qui permettra à la société de renforcer sa trésorerie. Sachant que c'est aussi un petit sujet chez Valneva puisqu'ils ont en 2025 refinancé leur dette. Donc ça a permis de souffler parce que normalement il y avait une échéance qui était attendue dès cette année dès le janvier 2026 qui aurait eu un énorme impact sur la trésorerie de Valneva. Donc ils auraient réussi à repousser cette échéance là. Mais il y a encore un sujet et c'est voilà le fait qu'il y ait un renforcement des produits en propre avec les royalties à venir de Pfizer, c'est ça ne peut être une bonne nouvelle. Donc a priori c'est quand même bien engagé. Il y a pas d'inquiétude.
Ouais. En tout cas, il y a pas d'inquiétude démesurée à voir sur le fait que Pfizer ne réussisse pas à obtenir une approbation sur ce sujet.
Bon, on va continuer, on va passer la déception, on va continuer à surveiller bien sûr le dossier Valneva. Il faut qu'on regarde aussi aujourd'hui DBV Technologies. Je vais pas dire qu'elle a disparu du radar, mais elle était sans doute moins en vue qu'elle ne l'a été à une époque. Et pourtant la biotech, le spécialiste de la lutte contre l'allergie notamment aux arachides a fait son entrée récente sur le SBF 120 et l'occasion de se demander bah finalement DBV où est-ce qu'ils en sont aujourd'hui.
Ben effectivement comme je l'avais très bien dit depuis le début du Covid puisque le début de l'histoire un peu compliquée de DBV enfin s'encre à ce moment-là, elle est passée un peu sous le radar donc ça a été suivi un petit peu après ça parce qu'il y avait encore le dossier de l'EMA. Donc effectivement il y avait une CRL qui avait été donnée par la FDA à la mi-année 2020. Il y avait encore le sujet EMA qui était en cours et finalement là pareil en fait l'EMA s'est alignée sur la FDA donc il y a eu un retrait de dossier pour retravailler le sujet.
Ouais. Et depuis, c'est vrai que la société en fait était plutôt sur le radar mais elle travaillait sur ces différents sujets en étroite collaboration avec les agences. Donc c'est ce qui est plutôt positif, c'est qu'il y a une période relativement longue si on parle en tant qu'investisseur, c'était très long.
Voilà. En tant qu'investisseur, c'est exactement ça. Ça a été très long mais ça a été un temps qui a été mis vraiment à profit pour travailler le dossier main dans la main avec les agences pour être sûr de répondre aux exigences des agences pour obtenir en tout cas coller au maximum au plus près des attentes pour pouvoir s'assurer d'avoir un dossier qui soit robuste pour une évaluation. Et donc aujourd'hui, c'est choses faites. Donc fin de l'année dernière, ils ont publié des résultats de phase 3 positifs chez les 4-7 ans. Le sujet qui avait été un sujet d'attention sur la précédente phase 3, c'est que il y avait aussi là un problème de statistique. Donc là ce n'est pas le cas. Donc on est sur une efficacité qu'on peut estimer être modeste mais qui est quand même là.
Ils ont montré une efficacité de l'ordre de 47 % versus environ 15 % pour le placebo. Donc ça fait une efficacité relative de 32 % mais avec une puissance statistique qui n'est pas discutable cette fois-ci. Donc a priori on est plutôt bon sur les critères cliniques qui étaient fixés. Ça c'est le premier point positif. Le deuxième point positif c'est qu'effectivement ils ont retravaillé l'ensemble du dossier. Donc ils ont décidé de splitter la population cible donc entre les 4-7 ans et les 1-3 ans pour vraiment avoir deux chemins réglementaires complètement distincts et s'assurer en fait de pouvoir avancer en parallèle sur ces deux sujets. Donc sur les 4-7 ans, ils ont validé la phase 3. Aujourd'hui, il est question de déposer un dossier durant le premier semestre 2026 auprès de la FDA pour une approbation. Et pour les 1-3 ans, on a une étude qui a démarré l'année dernière qui devrait être finalisée dans le courant de cette année. Donc, on attend des résultats top autour de novembre de cette année et dans la foulée, il y a un dépôt pour une demande d'enregistrement réglementaire auprès de la FDA également. Donc 2026 s'inscrit vraiment comme une année d'exécution sur le plan réglementaire et 2027 normalement devrait être vraiment l'année de la délivrance et des résultats de la FDA, ce qui permettrait effectivement de mettre sur le marché le produit.
Jamina, je vais oser cette question. Il y a encore un marché parce qu'en fait il y a déjà un produit. On sait également que quand on a une intolérance aux arachides, on a une discipline assez stricte assez vite. Et on se pose plus tellement cette question qui est finalement quel besoin réel, quelle taille de marché finalement ce produit peut venir adresser ?
Le marché existe parce que l'allergie aux arachides est un vrai sujet. Maintenant effectivement la lecture qui a été négative jusque-là aussi pour DBV, c'est ce qui a expliqué aussi que au-delà de la CRL qui a été donnée par la FDA en 2020, effectivement le sujet est passé un petit peu sous le radar pour DBV, c'est qu'il y avait Palforzia, donc qui avait été rachetée par Aimmune qui a vraiment été confrontée à un échec commercial et cet échec commercial en fait, il s'explique par différentes choses. Donc la première des choses, c'est que dans le cas de Palforzia en fait, on était sur une formulation orale.
Ce qui est un premier biais négatif quand on parle de population pédiatrique. Donc effectivement chez les enfants et d'autant plus chez les jeunes enfants, c'est quand même compliqué d'avoir un traitement chronique au long cours.
Et oui, il faut prendre des cachets hein. Les enfants, ils aiment pas ça. Voilà, on va le dire comme ça.
C'est très exactement ça. Et chez les petits, en plus de ne pas aimer ça, c'est compliqué de leur faire avaler quelque chose. Donc il y avait ce premier sujet. Le deuxième sujet, c'est qu'en plus il y avait des réactions qui étaient un peu sévères aussi parce que là typiquement en fait c'était de l'ingestion de poudre de cacahuète. Donc on ingère l'allergène en petite dose en montant petit à petit pour désensibiliser. Donc là il y avait aussi des fois des réactions assez sévères avec des chocs anaphylactiques. Donc ça a été le deuxième sujet qui à mon avis a fait que certains parents ont pas voulu faire prendre le risque à leur enfant. Et le troisième sujet qui explique très probablement l'essentiel de l'échec commercial, c'est que ils ont eu leur approbation qui était pas une approbation franche mais qui quand même était une approbation de la FDA durant la période du Covid et ce qui fait que quand on est sur un médicament en prise orale en fait vous avez une obligation de vous déplacer en cabinet chez l'allergologue pour prendre le médicament avec un temps d'attente sur place pour vérifier qu'effectivement il n'y ait pas de réaction sévère et de bah de shock qui se déclare pour une prise en charge d'urgence s'il y avait vraiment une réaction. Et donc tout ça en fait c'est des contraintes physiques qui ont fait que bah il y a pas eu le rendez-vous de ce produit là avec les patients puisque bah dans le Covid en fait on avait une restriction de rester confiné chez soi et c'est vrai que tout ça ça a contribué au fait que ce produit là qui existe n'a pas fonctionné voilà n'a pas fonctionné sur le plan commercial.
DBV c'est quand même une approche qui est totalement différente. On est sur un patch. Donc il colle cette fois-ci le patch Jamina.
Voilà. Et le patch effectivement et ça fait partie de tout ce qui a été travaillé durant cette longue période de silence. En tout cas silence vis-à-vis des marchés mais un travail qui a été mené de fourmire j'imagine enfin sur le plan opérationnel. Ils étaient très présents et ils ont travaillé avec la FDA. Donc ils ont retravaillé notamment le patch effectivement pour lui donner une forme sans coin parce qu'effectivement l'autre sujet donc au-delà du fait qu'il y a eu un problème en tout cas une petite faiblesse sur le plan statistique c'est qu'il y avait effectivement une inquiétude de la part de la commission qui a évalué le dossier en disant vous avez eu quand même une partie non négligeable des enfants qui perdent leur patch au cours de la journée voilà et on ne peut pas mettre sur le marché un produit dont on n'est pas certain qu'il puisse garantir la protection des patients qui se traitent avec ce produit. Donc ils ont retravaillé le patch effectivement. Donc c'est un patch ovale qui n'a plus de coin. Donc c'est plus difficile en fait à agripper pour les enfants qui se grattent parce qu'effectivement bah quand on a une réaction locale et ben ça démange et les enfants ont tendance à gratter et a priori ils ont réussi à mettre au point cette forme là qui fonctionne plutôt bien. Et donc c'est à mon avis c'est ce qui sera essentiellement regardé dans ce dossier là maintenant par l'agence réglementaire parce que les résultats cliniques sont là, la puissance statistique est là. Maintenant, c'est s'assurer qu'effectivement sur le temps d'adhésion du patch durant la journée, on n'a plus ce problème là qui avait été identifié avec la première version. Et a priori, si c'est bon, bah il y a pas de raison en fait que les parents qui étaient très demandeurs d'une solution pour leur enfant n'aillent pas sur cette solution.
Sol. Bon ben intéressant le rebond de DBV et puis des bonnes nouvelles. On va suivre là aussi avec attention en espérant que les résultats suivent et que cette demande d'AMM arrive bientôt. On voulait terminer par les petites amplettes ou les grosses d'ailleurs hein des pharma américaines parce qu'en ce moment vous devez faire des heures sup d'ailleurs bien il n'arrête pas de tomber de nouvelles. Quelques-unes Lilly qui lance une opé à allez 6,3 milliards sur Scipher Medicine. C'est une biotech qui développe un traitement dans la narcolepsie. Biogen offre cette fois-ci à 5,6 milliards sur Reata. Spécialiste des maladies rares. Je crois aussi que Novo Nordisk a racheté une biotech y a pas longtemps pour là aussi quelques milliards. C'est une activité incroyable. Il y a quelque chose qui explique non pas cet attrait soudain mais ce passage à l'action des grandes pharma US.
Et oui oui effectivement il y a des choses qui s'expliquent des choses qui expliquent ce rebond alors pas soudain parce que ça fait déjà quelques temps mais effectivement là ça devient de plus en plus visible parce qu'effectivement il y a des annonces quasiment au quotidien. Donc ce qu'il faut en comprendre de ce rebond alors déjà c'est que comme vous l'avez dit, on a des gros montants.
Et une étude de M&A qui montre qu'effectivement par rapport à 2024-2025, il y a eu un rebond déjà de l'ordre de 50 % de valeur en terme de transaction, pas forcément du nombre en terme de valeur. Il y a eu aussi une augmentation du nombre. Ce que ça dit, c'est qu'effectivement il y a une accélération sur la croissance externe. Donc les pharmas vont de plus en plus chercher des biotech pour leur innovation parce qu'on le sait la biotech a toujours été le principal relais d'innovation dans la pharma et aujourd'hui ça devient de plus en plus urgent pour la pharma puisque comme vous le savez en fait ils sont confrontés à un mur de perte de brevets dont on parle depuis un certain temps. On sait que la décennie 2020-2030 devrait concentrer un nombre assez important de perte de brevets puisque effectivement sur cette décennie, il est question de 190 médicaments qui devraient être concernés par une perte de brevets dont 69 blockbusters, ce qui au total pourrait représenter ça dépend des cabinets mais on serait entre 250 et 300 milliards de dollars de chiffre d'affaires qui serait concernés. Voilà. Donc effectivement, il y a un vrai besoin pour la pharma.
Faut renouveler le pipeline en gros hein quand je vous écoute.
Exactement. Tout à fait ça puisque sur les principaux moteurs de leur croissance et de leur chiffre d'affaires et ben il y a la perspective court terme aujourd'hui c'est même plus du moyen terme c'est du court terme de perdre du chiffre d'affaires donc il faut absolument renouveler le pipeline et donc dans cette urgence là pour ceux qui ne se sont pas pris suffisamment tôt ou en tout cas pour ceux qui ont tenté mais qui ont eu beaucoup d'opérations qui se sont soldées par des échecs parce qu'effectivement il y a eu beaucoup d'opérations par des stades un petit peu plus early stage, mais c'est le problème du early stage, c'est qu'on a quand même un risque d'échec qui est assez élevé et effectivement aujourd'hui en fait, ils n'ont plus le temps de prendre ce risque et donc ils ont de plus en plus en fait ils vont vers des biotech qui ont des actifs qui sont matures. Donc les pharmas sont de plus en plus sélectives, donc elles vont chercher la solidité, la crédibilité scientifique, la maturité de pipeline et puis donc du coup en face forcément ça veut dire des montants qui sont assez importants. Et là où encore il y a quelques années on voyait des opérations qui étaient plutôt autour du milliard 2 milliards quand on était sur de très belles opérations, aujourd'hui ça devient presque la norme d'être autour des 10 milliards. On est sur un gap de x10 parce qu'effectivement on achète le temps, on achète la maturité, on achète le dérisage clinique et tout ça ça coûte de l'argent. Et bah comme on le disait en fait sur ce patent cliff qui est attendu à court terme et encore plus dans la deuxième partie de la décennie. Donc là vraiment on rentre là depuis l'année dernière dans la partie vraiment concentrée sur la perte de chiffre d'affaires.
Ça va déborder un petit peu au-delà de 2030 mais là aujourd'hui c'est ce qui explique que on ait une vraie accélération sur le M&A sur des montants qui aujourd'hui sont de plus en plus importants. Mais ce qui est intéressant aussi, c'est qu'il y a une double lecture à faire, c'est que ce qui est intéressant à surveiller, c'est les acteurs qui pourraient faire l'objet de rachat.
Parce que Jamina, on entend aussi pour nos petites Frenchies de temps en temps des rumeurs en ce moment d'intérêt de grands groupes américains.
Français qui font l'objet de rumeurs en tout cas à ce stade mais ça pourrait effectivement se concrétiser sur des catalyseurs positifs mais tout ça même si ce sont des rumeurs dans la plupart des cas c'est assez crédible dans le sens où effectivement sur des technologies qui intéressent la pharma pour plusieurs raisons et comme bon voilà sans aucune surprise sur la plupart des blockbusters là qui sont concernés on a beaucoup de solutions qui adressent l'immuno-oncologie, l'oncologie et l'immuno-inflammation donc effectivement ce sont les thématiques aujourd'hui qui font l'objet pour l'essentiel de ces opérations de rachat. Mais pas que, on a aussi des choses qui reviennent un petit peu sur le devant de la scène. Donc, il y a aussi des grosses opérations qui se font dans le domaine de la neurologie et tout ce qui est trouble du système nerveux central. Donc, vous l'avez évoqué encore tout à l'heure avec Lilly et Scipher sur la narcolepsie mais pas que. Ça redevient ça revient sur le devant de la scène. Bon, sans aucune surprise, le sujet de l'obésité aussi.
Qui n'a pas fini d'alimenter l'actualité dans le domaine de la santé pharma. Et ce qui est intéressant aussi à voir, c'est que si on parle de patent cliff, il y a évidemment le sujet de l'innovation et donc les opérations de M&A pour racheter de la biotech et d'innovation. Mais à côté de ça, on parle de ça, ce qui est intéressant de regarder et à surveiller et chez Invest Securities, on l'avait déjà évoqué, c'est aussi toutes les sociétés génériques et biosimilaires qui quand on regarde effectivement leur cours de bourse depuis 18 mois, oui, depuis 1 an, 18 mois se portent très très bien parce qu'effectivement elles profitent de ce phénomène là et forcément si vous avez des produits blockbusters aujourd'hui qui vont tomber dans le domaine public, elles vont se précipiter pour la plupart elles ont déjà dans leur pipeline les produits qui sont déjà prêts à être dégainés pour bah reprendre justement ces produits là notamment les biologiques en biosimilaire pour renforcer leur pipeline et puis les utiliser comme levier de croissance pour elles-mêmes. Donc il y a vraiment ces sujets à regarder donc générique biosimilaire à surveiller les CDMO spécialisés parce que là aussi en fait sur la reformulation des génériques et des biosimilaires et ben vous avez toutes ces petites CDMO de spécialité sur la synthèse chimique et sur la biologie qui vont aussi boomer. Donc c'est intéressant de prendre dans son ensemble ce rebond M&A pas seulement sous l'angle pharma biotech mais aussi regardez les autres acteurs qui sont souvent aussi sous le radar mais qui aujourd'hui en fait bénéficient d'une opportunité de marché qui est assez significative.
Et ben c'est parfait Jamina, je vous propose la prochaine fois qu'on se voit, on fera un petit point justement sur les sociétés, les spécialistes de biosimilaires ou les CDMO avec quelques noms que nos spectateurs ne connaissent pas forcément. En tout cas, moi j'aurais retenu ce terme hein le patent cliff. Voilà. Et tout ce que ça va engendrer dans l'industrie de la bio, de la pharma et puis même effectivement des biosimilaires.
Avec plaisir, on se donne rendez-vous.
Merci beaucoup. Tout de suite dans le journal des biotech, c'est l'interview.
Et je reçois pour l'entretien Laurent Lévy, président du directoire de Nanobiotix. Bonjour Laurent.
Bon, on a plein de choses à se dire tant l'actualité, allez au choix scientifique, financière, boursière de Nanobiotix est riche ces derniers temps, mais il est de tradition dans le journal des biotech de toujours commencer par la science. Et justement dans ce domaine, on a pu prendre connaissance en début de semaine, début de cette semaine, des résultats de l'étude de phase 2 qui évalue le NBTXR3 en combinaison avec une chimiothérapie concomitante dans le cancer du poumon. Non, la petite cellule de phase 3 non résecquable, on va être précis. C'est un peu technique, c'est un peu long. Des résultats positifs, qu'est-ce qu'on doit retenir quand on est investisseur de cette publication, de ces résultats ?
Alors donc je pense qu'il faut prendre peut-être un peu de recul et remettre ces résultats dans le contexte. Donc c'est un des essais qui est réalisé par Johnson & Johnson qui est le partenaire avec qui on a signé la licence de ce produit pour le développement et la commercialisation dans le monde.