CEOInterviews.AI
Start App
Octave Klaba
Chairman & Chief Executive Officer, OVH Groupe

Faire la guerre avec les géants américains du Cloud - Octave Klaba, OVH

📅 Jul 07, 2025 Matthieu Stefani - Génération Do It Yourself 165 MIN 686 SEGMENTS · 3 SPEAKERS
480 - Octave Klaba - OVH Cloud - La guerre du Cloud commence La course à la souveraineté des données est officiellement ...

Questions asked in this interview

12
  1. 0:57Alors, on fait quoi pour les 100000 ?
  2. 5:57Toi, tu es le 4e, c'est vrai ça ?
  3. 14:31Et qu'est-ce que c'est cette sorte de guerre avec des gens qui sont un peu obsédés par le perçage là-bas ?
  4. 23:02Et donc entre cette arrivée, cet atterrissage et tes premiers pas d'entrepreneur, il s'est passé quoi ?
  5. 29:13... peu ça, mais quand même dans les grandes lignes, c'est-à-dire que tu es toujours un peu à regarder quand tu vois la première fois où tu vois quelqu'un autour de toi dans ta boîte qui vole en business, tu dis "Mais qu'est-ce que tu veux ?
  6. 46:39But some have their own dedicated rack?
  7. 58:36Because at that time, you were limited — people paid by check, right?
  8. 1:24:23You don't. So what do you do?
  9. 1:46:53Ah tu veux savoir qu'est-ce qui se passait ?
  10. 2:03:27H tu es pas dans l'écosystème tu es pas un peu pas visible en fait parce que même un Xavier Niel tu connais tu le connais bien Xavier ?
  11. 2:20:53Je veux dire, même le mail, enfin euh si je veux pas être sur Microsoft ou Google, je vais sur quoi tu vois ?
  12. 2:35:57Enfin, je veux dire, tu les construis toi-même. Où ça ?
Octave Klaba 0:00 ↗
Aujourd'hui, c'est une grosse boîte, un milliard de chiffres d'affaires à 3000 personnes. Mais moi, je me lève tous les matins comme si ça allait mourir le soir. C'est mon état d'esprit dans la journée, il faut qu'on fasse survivre la boîte. Moi, c'est animal et j'ai faim. J'ai envie de faire du business. J'adore faire ça en fait.
Je suis né en Pologne au régime communiste. L'équivalent de KGB en Pologne nous surveillait parce qu'on était une famille française et comme mon père a été directeur, c'était suspicieux. Dans un régime qui est paranoïaque, on se dit c'est un espion.
1 milliard. Je dis parfois aux équipes que on a les meilleures idées quand on est face à un mur avec un pistolet sur la tempe. C'est trouve une idée maintenant sinon c'est fini. Et ça j'aime bien. C'est là où on devient hyper créatif.
Le nombre de boîtes et d'administrations françaises qui sont sur des cloud américains, il est hallucinant. Non, j'ai des chiffres, je peux pas les citer mais ça dépasse largement ton chiffre d'affaires.
Ouais plusieurs milliards par an.
Interviewer 0:50 ↗
Et tu as pas envie d'urler là dire à tous ces gouvernements et je sais pas Emmanuel Macron le dire mais les gars c'est quoi ce délire en fait ? Qu'est-ce que vous allez foutre tout votre pognon chez ces gens-là ?
87 % c'est le stade de ma boule qu'on vient de découvrir. C'est le pourcentage de personne qui regarde ces vidéos sur YouTube et qui n'est pas abonné. Si vous tombez sur ce contenu pour la première fois, vous avez le droit de rester comme ça. Mais si ça fait plusieurs fois que vous tombez sur ce contenu, que vous nous kiffez, vous aimez ce qu'on fait, rendez-moi ce petit service. C'est un clic. Nous, on va s'arracher pour avoir de meilleurs invités. 100000 abonnés, qu'est-ce qu'on fait pour 100000 abonnés ? Après, on ira à 500. Après, on ira au million. Chacun, chaque chose en son temps. Alors, on fait quoi pour les 100000 ?
Écoute, on est parti. Alors, Octave, je suis vraiment vraiment très très content de te recevoir. Je l'ai pas dit avant parce que je voulais te le dire devant les micros mais je sais pas si tu recevais mes messages mais je t'en ai envoyé un petit paquet depuis 7 8 ans que je fais ce podcast.
Octave Klaba 1:44 ↗
8 ans. C'est possible, c'est possible.
Interviewer 1:46 ↗
Et vraiment tu étais tout en haut de ma hit list quoi, tu vois. Et parce que vraiment je suis le parcours, je suis très fan de la marque de ce que tu as créé de avant même les histoires de souveraineté de tout ça de l'ambition de je suis client depuis enfin selon les différentes sociétés je pense que probablement enfin par rapport à tous les clients dans les 10 premiers % peut-être 5 premiers % de tes clients alors pas en chiffre d'affaires malheureusement pour moi parce que si j'étais client en chiffre d'affaires 5 % c'est généralement, c'est que ça marche bien pour moi, mais que ce soit cloud, que ce soit les domaines, que ce soit voilà.
On est d'accord que est-ce que c'est toujours pareil les idées, les ID que vous créez qui sont créés généralement, c'est le nom prénom à l'envers, c'est ça ?
Octave Klaba 2:37 ↗
Non, c'est ça. Euh le login, en Oui, le nom, prénom. Après le numéro T-VH.
Interviewer 2:44 ↗
C'est ça. Donc c'est moi c'est ça commence toujours par Stéphanie Mathieu, donc SM et la suite.
Octave Klaba 2:47 ↗
Ouais, c'est ça.
Interviewer 2:49 ↗
Euh parce que j'en ai eu plusieurs et ouais écoute donc très content et puis on va pouvoir un peu tu vas m'expliquer un peu d'où ça vient. On a suivi cette aventure depuis quel combien ?
Octave Klaba 3:01 ↗
2001. 99. 99. 99.
Interviewer 3:07 ↗
Donc tu as suivi tu as subi la bulle internet c'était un truc toi où ?
Octave Klaba 3:13 ↗
Moi je m'en souviens pas de la bulle, j'étais dans ma bulle. Donc je déployais enfin je faisais simplement j'ai commencé un tout petit peu avant 99, j'ai commencé en 2e année donc c'est 4e année des cyclingers.
Interviewer 3:28 ↗
Ok.
Octave Klaba 3:30 ↗
Et je commençais par une association en fait, j'ai créé une association pour faire des services pour les gens en fait parce que enfin si on s'en souvient les sites en avant 2000 ils étaient statiques. On créait une page web, elle était statique, il se passait rien. Après il y a eu du flash, après il y a eu d'autres choses. Donc moi j'ai créé des petits services qui les rendaient légèrement dynamique. Le compteur.
Interviewer 3:56 ↗
Ouais, d'accord. Le petit forum, les guestbook.
Octave Klaba 3:59 ↗
Donc le site, il devenait un tout petit peu dynamique et c'était facile à intégrer en fait. Et donc d'un site chez Multimania très statique, bah tu pouvais faire un site qui est un peu plus dynamique. Tu pouvais entrer sur le site, laisser un petit message, voilà, des petits trucs au début.
Interviewer 4:15 ↗
Faut voir ce que Octave appelle un site dynamique, hein, parce qu'on est tous dans un dynamisme sommes toutes relatifs. Euh bon, on va retracer un peu tout ça. Il faut quand même bien vous dire un truc, c'est que j'ai retrouvé Octave qui était bien en avance dans la cuisine avec mon associé Christopher et ils sont partis dans une discussion sur l'isolation phonique des studios avec des formules et des trucs comme ça. Je me suis dit hop hop hop, dans quoi je m'embarque là ? Du coup, on va partir. Tu es, j'ai l'impression, un bon geekos quand même. Tu l'as toujours été ?
Octave Klaba 4:50 ↗
Oui. Ouais, ouais. Ben, j'ai eu l'ordinateur, j'ai eu la chance que mon père nous a acheté moi mon frangin un ordinateur vers je devais avoir 6 ans 7 ans. Euh, on est parti pour acheter une voiture et on est revenu avec un ordinateur.
Interviewer 5:08 ↗
Donc, tu habitais en France déjà ?
Octave Klaba 5:09 ↗
Non non, c'était en Pologne.
Interviewer 5:10 ↗
Et c'était quoi comme ordinateur ?
Octave Klaba 5:13 ↗
Atari 800 XL. Donc on était avant le PC là-dessus.
Interviewer 5:17 ↗
Ah oui oui oui avant Amstrad parce que moi j'ai eu un Amstrad PC 15. Je sais pas si tu te...
Octave Klaba 5:22 ↗
Ouais ouais mais c'est moi je après j'ai eu un 628.
Interviewer 5:26 ↗
OK. Oui oui je vois très bien. Et après il y a eu IBM et XL donc c'est les 80 68.
Octave Klaba 5:34 ↗
Je me demande si j'ai pas eu ça chez moi. Ouais. OK. Et après 80 100 128 200 enfin voilà.
Interviewer 5:40 ↗
Tu étais pas connecté à internet avec tout ça hein ?
Octave Klaba 5:43 ↗
Euh non, je me suis connecté vers 97 98.
Interviewer 5:47 ↗
Ouais. Donc tard hein. Ouais finalement en je veux dire tu faisais pas partie de ceux qui étaient connectés à l'école.
Octave Klaba 5:52 ↗
J'étais à l'école. Il y avait pas de connexion à l'école à l'époque.
Interviewer 5:57 ↗
Octave, tu es le patron d'OVH, tu es plein d'autres choses d'ailleurs, multifacette. Tu as d'autres boîtes, d'autres investissements. Euh on va parler un peu de tout ce parcours. On va essayer de J'aimerais comprendre un peu tes obsessions du moment, ce que tu regardes. J'aimerais parler un peu de souveraineté aussi, de comprendre un peu depuis l'hébergement, qu'est-ce qui se passe, qu'est-ce qui est important à comprendre et c'est parce que toi tu le vis, tu as des concurrents qui sont pour la plupart les plus gros concurrents américains tous les plus grosses boîtes du monde. Ouais, quand même Amazon, Google, et Microsoft. Toi, tu es le 4e, c'est vrai ça ?
Octave Klaba 6:35 ↗
Non, on est dans les top 10.
Interviewer 6:37 ↗
Top. OK. Le premier européen, premier européen dans le cloud qui est quand même un endroit où on commence à regarder un petit peu parce qu'on a vu il y a quelques années avec les Patriot Actes et tout ça que finalement les Américains si tu étais hébergé chez eux, ils pouvaient quand même un peu regarder ce qu'ils voulaient en fonction. Enfin, je sais tu...
Octave Klaba 6:56 ↗
On l'a dit mais on nous a pas cru.
Interviewer 6:58 ↗
Ouais. Maintenant, bah on le voit que ça on le sait. Ouais. Euh puis bon, vu les gouvernements actuels, on se dit ils vont peut-être encore un peu moins se gêner. Euh donc j'aimerais comprendre un peu l'importance de tout ça. Toi, tu as des boîtes aux États-Unis, hein, je crois, et l'hébergement là-bas. Euh, mais avant tout ça, si tu veux bien, Octave, je te propose de te présenter toi-même.
Octave Klaba 7:18 ↗
D'accord. Bah, je m'appelle Octave. Octave Klaba. Euh je suis né en Pologne au régime communiste, donc avant que le mur de Berlin il tombe. Euh mon père en fait il a fait l'école polytechnique de Varsovie, ma mère aussi. Je suis né quand ils étaient là-bas et après enfin, il y avait un truc assez marrant en Pologne, c'est que c'était compliqué d'avoir des maisons. Donc mon père il a choisi en fait de pas rester à Varsovie dans un parcours scientifique mais il a pris il est parti dans le cocotier.
Interviewer 8:03 ↗
Dans le cocotier ?
Octave Klaba 8:05 ↗
Ouais c'est dans l'agriculture. Agroalimentaire parce que là-bas, il y avait des maisons donc on pouvait avoir une maison parce que sinon c'était du communiste pur. Vous vivez peut-être pas comme en Russie ou vous vivez à plusieurs dans un B souvent chez les parents, je pense que c'est comme ça que ça se passait en fait. Et donc grâce à ça, bon, mon père et ma mère ils ont commencé à faire le parcours un peu dans ce milieu là. Et mon père il a assez rapidement il a repris des cocotiers en fait, 500 personnes, tu as 10000 vaches, 5000 cochons, 2000 hectares de trucs voilà, 500 personnes, des tracteurs, des moissonneuses batteuses, de tout un truc de mécanique et cetera qui sont toujours des trucs d'état on est d'accord, c'est pas à l'état non, c'est surtout la terre.
Et puis moi j'ai vécu dedans en fait dans le petit village. Euh puis je passais les vacances dans les moissonneuses batteuses parce que ça moissonnait, où je rentrais de l'école, j'allais voir faire la mécanique avec des... Je faisais ça pas moi, les allées dans les remorques et le blé que tu mettais dedans.
Interviewer 9:23 ↗
Mais toi tu les conduisais pas les moissonneuses ?
Octave Klaba 9:25 ↗
Mais c'est j'adorais d'être avec dans les tracteurs avec le gars qui conduisait et puis on allait je sais pas où pour faire voilà. C'était cool.
Interviewer 9:33 ↗
Fantastique.
Octave Klaba 9:35 ↗
C'était cool.
Interviewer 9:35 ↗
Et ça tu es tu y es resté jusqu'à quel âge ?
Octave Klaba 9:40 ↗
On est resté en Pologne jusqu'au quand j'avais 15 ans.
Interviewer 9:44 ↗
D'accord. Ouais. Donc tu as vraiment fait ta formation cérébrale en Pologne quoi. C'est quelque chose qui te marque forcément très fort.
Octave Klaba 9:57 ↗
Euh je pense oui, je pense que quand tu as vécu dans un régime de ce style pendant 15 ans, ça te marque sur la débrouille, enfin c'est débrouille. Ouais. Euh aussi sur la manière d'être avec les autres. Euh c'est forcément tu il y a beaucoup de moi dès là-bas quoi. C'est sûr la manière de penser. Mais aussi il y a mon caractère à moi en fait. C'est vrai que je suis un peu indépendant mais j'aime bien créer des trucs sociaux. Mais parfois pour moi c'est difficile d'être dedans mais j'aime bien créer et j'aime bien voir que les gens sont bien ensemble.
Interviewer 10:40 ↗
C'est drôle.
Octave Klaba 10:41 ↗
Et voilà donc je rentre dedans. Parfois je sors. Voilà c'est je pense qu'il y a un tout petit peu d'autisme dedans.
Interviewer 10:49 ↗
Mais tu aimes bien créer, c'est pas les enfin c'est le fait qu'il y ait des gens dedans ensemble qui te plaît ou c'est le fait de créer un truc qui fonctionne ?
Octave Klaba 10:58 ↗
Ouais les deux. C'est-à-dire que j'ai fait qu'une seule boîte, OVH. J'ai pas travaillé dans d'autres boîtes. J'ai fait que juste des stages et ça m'a pas plu. Ça m'a pas plu parce que l'ambiance parce que les gens comment ils étaient et j'ai bossé juste au début 3 semaines chez Alcatel. J'ai posé ma démission au bout de 3 semaines. J'avais pas un rang mais je me suis dit je peux pas faire ça. Je peux pas faire ça. Il faut que je sois connecté. Il faut que je discute avec des clients. Il faut que je change avec eux. Il faut que je comprenne en fait ce qu'ils veulent. J'ai besoin de bosser pour quelqu'un. J'ai besoin qu'il ait du sens.
Et en fait, j'ai remarqué assez rapidement que sans le pourquoi j'arrive pas à bosser. Si je ne sais pas pourquoi je me lève le matin, j'arrive pas à me lever le matin. Enfin, je me lève tous les matins. Mais je remarquais que s'il y a pas de pourquoi j'arrive pas.
Interviewer 11:51 ↗
Tu as lu Simon Sinek ou tu vois qui c'est ?
Octave Klaba 11:52 ↗
Non, le Start With Why. Ouais. Lui, il résume ça super bien, mais c'est effectivement c'est il fait une chose qui t'anime, qui te fait lever le matin et c'est ça que tu suis en fait.
Interviewer 12:05 ↗
Tu vas me raconter après ce qui t'anime aujourd'hui. Euh tu es vous êtes parti de Pologne pour arriver en France dans le nord de la France, je crois.
Octave Klaba 12:14 ↗
Oui, c'est ça. Bah, en fait, il y a une petite particularité, c'est que on était français en Pologne. Euh mes grands-parents, c'était un couple, c'était une Polonaise et un Français d'origine polonaise mais dans le nord de France. Ils sont partis donc ils se sont mariés en France, ils sont partis en vacances après la deuxième guerre mondiale, rencontrer la famille après la deuxième guerre mondiale et puis les passeports, ils étaient confisqués et ils pouvaient pas revenir en France. Donc ils sont restés 40 ans un truc comme ça et enfermés en Pologne quelque part.
Interviewer 12:48 ↗
Bah en fait ce qu'ils pouvaient pas revenir en France.
Octave Klaba 12:49 ↗
Donc mon père il est né en 49. Mon grand-père, il a eu la bonne idée de l'enregistrer à l'ambassade de France. Moi quand je suis né pareil, pour mon frangin, il est né pareil et donc on est parti de Pologne avec des passeports français sauf ma mère qui avait le passeport polonais en fait.
Interviewer 13:07 ↗
Donc vous avez quand même réussi à récupérer des passeports à un moment.
Octave Klaba 13:10 ↗
Bah l'ambassade de France c'est à ça que ça sert en fait dans cette hypocrisie des régimes, c'est que on peut y aller et il y en a en France.
Interviewer 13:19 ↗
C'est chaud quand même. Euh d'accord. Et tu as été bercé quand même dans une culture française ou pas du tout ?
Octave Klaba 13:25 ↗
Non, pas du tout. Par contre, l'équivalent de KGB en Pologne nous surveillait parce qu'en fait on était une famille française et comme mon père il était directeur donc c'était suspicieux et donc il y avait toujours des contrôles et cetera et chercher la faute.
Interviewer 13:45 ↗
Tu as revécu ça plus tard des écoutes non ? Ou des choses comme ça ?
Octave Klaba 13:48 ↗
Non, ça pas j'ai cru dire ça quelque part. Oui oui, je pense qu'il y a eu des écoutes. De toute façon, je suis tellement parano que par définition j'ai dit il y a des écoutes donc j'utilise tout ce qui est chiffré pour communiquer avec d'autres personnes. Donc rarement on peut m'appeler en téléphone normal, c'est toujours...
Interviewer 14:02 ↗
D'accord. Tu veux me raconter comment tu fais, pourquoi comment ça s'explique cette paranoïa ? Ça vient de là-bas cette paranoïa ?
Octave Klaba 14:08 ↗
Je pense. Ouais. Ouais, je pense bah on a dû changer un moment de cocotier parce que là c'était trop chaud en fait et en fait mon père il allait finir en prison donc il fallait changer d'endroit et voilà et un moment il était enfin hiérarchiquement la protection marchait plus donc heureusement on s'est barré en fait.
Interviewer 14:31 ↗
Et qu'est-ce que c'est cette sorte de guerre avec des gens qui sont un peu obsédés par le perçage là-bas ? Ils disent "Lou, je me le farcir ou non ?"
Octave Klaba 14:39 ↗
C'est juste vous enfin c'est quand on est étranger quelque part français en Pologne dans un régime qui est paranoïaque bah on se dit c'est un espion.
Interviewer 14:51 ↗
D'accord. Et donc c'était ça la suspicion.
Octave Klaba 14:54 ↗
Sachant que c'est eux qui avaient confisqué les passeports à l'origine quand même. Mais bon.
Interviewer 14:56 ↗
Bah oui mais c'est voilà on cherche pas la logique.
Octave Klaba 14:59 ↗
D'accord. La logique elle vient, on l'explique, les gens ils expliquent après.
Interviewer 15:04 ↗
Et donc après, tu es vous êtes arrivé en France, tu es devenu Polonais en France.
Octave Klaba 15:07 ↗
En fait, c'est ça. C'est relou quoi.
Interviewer 15:09 ↗
C'était pas mal vu. Ouais, c'est exactement ça. Euh et pourquoi comment vous êtes partis ? C'était une fuite ou c'était un...
Octave Klaba 15:16 ↗
En fait, on l'a fait en deux fois. On devait partir en 88. On devait partir en 88. Donc, on est parti en voiture avec une caravane, avec tout ce qu'on avait dedans. On a laissé la caravane en France. On est revenu en Pologne et on devait partir. Donc on a tout vendu et mon père il est tombé malade, l'hépatite B. Donc il est resté 9 mois à l'hôpital et donc on a fait un hiver de plus en Pologne. Euh bon le truc c'est que en Pologne on a tout vendu. Il y avait rien dans le frigo. Il y avait pas de meubles dans la maison et puis ma mère n'a pas acheté du charbon pour l'hiver. Et donc bah j'ai chauffé la maison avec des lattes et à un moment c'était plus possible. On a acheté une tonne de charbon, je l'ai descendu et puis on a chauffé. On a passé l'hiver et on est parti en avril.
Interviewer 16:04 ↗
Ah ouais. Vous êtes fait quand même des bons plans galère quand même.
Octave Klaba 16:07 ↗
Bah c'est la vie comme ça c'est il n'y a enfin quand tu racontes comme ça, tu dis waouh ah non c'est normal c'est ça la vie. D'accord. Il y a pas de waouh il y a rien d'exceptionnel. Tout le monde fait ça. C'est les standards c'était comme ça.
Interviewer 16:22 ↗
Toi tu es l'aîné ?
Octave Klaba 16:23 ↗
Oui.
Interviewer 16:24 ↗
Donc ton frère il a combien de moins que toi ?
Octave Klaba 16:25 ↗
Euh 7 ans, ben on fait 6 ans et 10 mois.
Interviewer 16:31 ↗
C'est ton associé aussi hein.
Octave Klaba 16:33 ↗
Ouais. Euh oui, plus qu'à associé. Enfin, même si moi je l'ai fondé la boîte, aussi bien mon frangin que mes parents, bah en fait ils y travaillaient assez rapidement. En fait, mon frangin, je crois que quelques semaines après, mon père quelques mois après en fait et ma mère pareil.
Interviewer 16:50 ↗
Ouais. Donc non, je voulais voir un peu les différences d'âge et comprendre parce que quand ton père était à l'hôpital, toi j'imagine tu as si tu as 14 15 ans, tu deviens déjà un pilier avec ta mère, un support en tout cas assez fort de ta mère pour gérer un peu les opérations quoi, je veux dire de la maison.
Octave Klaba 17:06 ↗
Ouais. Oui, ça c'était un peu ça. Ouais. Ouais.
Interviewer 17:08 ↗
Euh et quand vous partiez, quand vous avez décidé de partir, tu pouvais le dire aux autres ou tu devais le garder pour toi ?
Octave Klaba 17:14 ↗
Non. Ah oui bah sinon tu partais pas. Sinon tu partais en prison quoi.
Interviewer 17:19 ↗
Mais ah bah oui d'accord. Même si le régime maintenant avec du recul, tu dis bon le régime il a laissé s'écrouler. Mais oui, mais quand tu vis dedans jour à jour, même si tu vois que le régime va pas bien, tu te dis ça va continuer parce qu'ils vont ressortir, ils vont faire autrement. Donc ouais, quand tu es dedans puis quand il va pas bien je veux dire c'est aussi des moments où il y a des gens qui se lâchent un peu avant, tu vois un peu le baroud d'honneur, tu vois.
Octave Klaba 17:42 ↗
Non.
Interviewer 17:44 ↗
Tu fais pas fière parce que tout ce que Vensa a fait l'air en polonais, c'est l'air Vensa.
Octave Klaba 17:58 ↗
Euh bah en fait, c'est la prison en fait ou la mort.
Interviewer 18:03 ↗
D'accord. Donc c'est il fallait vraiment y aller quoi. D'accord. Donc tu fais pas ça le matin en fait si tu as pas des convictions fortes et cetera. Donc voilà, tu vas pas sortir dans la rue parce que tu vas finir en prison tout simplement.
Octave Klaba 18:19 ↗
C'est fou. Ouais mais c'est en fait quand tu nais dans ce système et tu baignes c'est juste normal. En 80 comme mon frangin il est né 80 81 il y avait l'état de guerre civile.
Interviewer 18:32 ↗
D'accord. Donc il y avait des tanks dans les rues et puis l'hiver était rude.
Octave Klaba 18:36 ↗
Euh il y avait des tanks dans la rue. Mon père il était appelé au service militaire. Voilà. C'était normal.
Interviewer 18:45 ↗
D'accord. C'est normal. D'accord. C'est vrai. C'est en fait c'est juste le système qui est complètement différent.
Octave Klaba 18:52 ↗
Il est différent. C'est exactement ça.
Interviewer 18:54 ↗
Mais ouais quand même pas mal. Il y a des petites similitudes peut-être en parler avec le capitalisme parce que c'est vraiment avoir vu ça d'un côté, avoir vu de l'autre côté, enfin de vivre aujourd'hui de l'autre côté, il y a quand même pas mal de choses différentes, mais il y a des petites similitudes quand même.
Octave Klaba 19:12 ↗
Bon, on y reviendra avec plaisir.
Interviewer 19:13 ↗
Ce que j'aimerais comprendre, c'est ce qui se passe quand tu arrives de l'autre côté, que ce soit au niveau familial ou au niveau individuel quand tu débarques toi au lycée. J'imagine.
Octave Klaba 19:26 ↗
Donc moi, j'étais en seconde, fin seconde et quand je suis arrivé je suis arrivé en fin 4e. Ils m'ont mis en fin de 4e.
Interviewer 19:33 ↗
Ah parce que tu parlais pas français ?
Octave Klaba 19:35 ↗
Bah non, je parlais pas français.
Interviewer 19:37 ↗
Tu t'es retrouvé avec des petits jeunes.
Octave Klaba 19:39 ↗
Oui, mais j'étais un an en avance en Pologne. D'accord. Je sais pas comment mes parents ils ont réussi mais j'étais dans une classe supérieure. Apparemment, j'étais un peu en avance sur les classes et donc je m'embêtais un peu et donc ils m'ont mis une classe supérieure. Donc quand je suis arrivé en France, j'ai perdu 2 ans officiellement mais finalement 1 an seulement.
Interviewer 20:02 ↗
Euh et tu kiffais, tu étais content d'être en France toi ?
Octave Klaba 20:07 ↗
Euh bah en fait c'est je me souviens même mes parents ils répètent, moi je me souviens le même moment quand on ils nous ont posé la question à moi et mon frangin quand on était encore en Pologne. Est-ce que voilà on a une décision à prendre ? On pense qu'il faudrait partir de Pologne pour la France, mais bon, pour nous, c'est foutu. Euh mais tranquille, on a le temps. Voilà, ils nous ont dit pour nous c'est foutu mais bon c'est pour vous. Et on a dit tout de suite lui, c'est marrant.
Interviewer 20:54 ↗
Il y a des petits trucs comme ça qui reviennent et Ouais. Et moi ça m'aimait aussi et c'est vrai que c'est un c'est assez drôle de l'extérieur en tout cas de tout ce qu'on lit. Euh moi j'aime beaucoup, c'est marrant ça, ça transpire dans tous les contenus et tu en as pas tant que ça parce que tu es quand même assez discret finalement. Mais c'est toujours un cocon familial qui est super resserré. Et je vais dire moi dans les expériences que j'ai eu direct ou indirect en Tunisie, j'avais une société avec mon ancienne agence ici que j'ai vendu qui s'appelle Cosavostra et j'avais un expert comptable que j'adore qui s'appelle Scander Busnina. Euh je sais pas si tu y allé en Tunisie où c'était peut-être plus ton frère et ton père.
Octave Klaba 21:44 ↗
Je suis allé une fois. Ouais.
Interviewer 21:45 ↗
Tu l'as rencontré Scander, ça te dit rien ? parce que c'est ton expert comptable aussi et il vous adore. Enfin, c'est vraiment un type et à chaque fois il me parle le père, le frère, je me demande si ta mère y est pas allée enfin et en fait c'est marrant parce qu'en fait on voit un clan, on le sent bien de l'extérieur quoi. C'est assez presque méditerranéen un peu dans l'approche assez clanique, assez en tout cas resserré. Donc c'est marrant tout ce que tu me racontes là parce qu'on le sent, on le vit. Vous avez vraiment vécu ça tous les quatre en fait.
Octave Klaba 22:16 ↗
On a décidé de venir à 4 et on savait que bah quelque part mes parents faisaient un sacrifice pour nous et mais c'était voilà c'était à nous de se démerder et ramener toute la famille à un autre niveau.
Interviewer 22:29 ↗
Et alors qu'est-ce qu'ils ont fait tes parents en arrivant eux ?
Octave Klaba 22:33 ↗
Euh bah mon père il a bossé dans une boîte. Bon, déjà mon oncle en fait, il nous a préparé l'arrivée. Donc, on avait une petite maison bord du Canal dans un village à côté de Saint-Amand donc c'est du côté Valenciennes et mon père il lui a trouvé du travail en fait dans une usine bah fraisage, tournage. Voilà. Donc on a démarré comme ça.
Interviewer 23:02 ↗
Donc il est passé d'un gros dans l'industrie. OK. Un retour. Et donc entre cette arrivée, cet atterrissage et tes premiers pas d'entrepreneur, il s'est passé quoi ?
Octave Klaba 23:19 ↗
Bah c'est marrant parce qu'en fait un an après avec mon oncle a trouvé un autre travail côté plus Lille. OK. Un peu mieux payé. Et puis bah grâce à ça, on a pu acheter une maison côté Lille, on a déménagé. Moi du coup j'ai pu aller dans un autre lycée, enfin j'ai fini ma 4e 3e et puis je suis rentré en seconde dans un lycée. Euh j'ai eu mon bac après 3 4 ans en France.
Interviewer 23:49 ↗
Oui. Donc tu es passé la 4e au bac assez vite quand même.
Octave Klaba 23:53 ↗
Ouais. Oui. Et puis j'ai fait mon cycle ingénieur. Donc je suis entré école d'ingénieur et puis j'ai fini mon cycle 5 ans après. Donc quand j'ai fini c'était 99.
Interviewer 24:02 ↗
OK. Voilà. Et tu percevais les autres comment ou tu étais perçu comment ? C'était quoi d'être le petit Polonais de la bande ? Je veux dire, bon, c'est...
Octave Klaba 24:15 ↗
J'ai pas vécu ça comme un petit Polonais en fait, mais c'est vrai que je comprenais pas grand-chose. C'est vrai. Non, mais enfin donc c'est là où quand je parle avec des gens, je regarde plutôt la bouche en fait parce que j'essaie de deviner enfin, j'ai toujours gardé cette habitude d'essayer de comprendre ce que les gens disent quoi.
Interviewer 24:33 ↗
OK, d'accord. Et donc tu développes un autre truc, c'est que juste avec la mimique, tu essayes de comprendre ce que les gens disent.
Octave Klaba 24:40 ↗
Ouais. Et avec combien de mots dans une phrase de 30 secondes, tu peux deviner de quoi ça parle. D'accord. Et donc la télé, c'était vachement cool ou où il y avait des séries avec des rires. Donc là, il y avait une blague. OK, il y avait rire donc une blague. C'était quoi la blague ? Je sais pas. OK. Bon bah peut-être la prochaine, je vais comprendre.
Interviewer 25:00 ↗
OK.
Octave Klaba 25:00 ↗
Euh donc voilà. Donc on apprend de cette manière-là et donc on développe une espèce d'intuition de qu'est-ce que les gens ils sont en train de dire, qu'est-ce qu'ils vont dire. Et en fait, ça m'a aidé, enfin ça m'a développé un petit truc, c'est que quand je parle avec des gens, j'arrive à presque savoir ce qui va être dit dans la seconde ou 2 secondes avant en fait.
Interviewer 25:22 ↗
D'accord. Parce que quand tu te concentres vraiment, tu dis tiens OK donc tu développes une espèce d'intelligence artificielle ou je sais pas quoi ou tu devines les mots suivants qui vont dire ah ben non c'est pas c'est bizarre. C'est pas ça qu'il aurait dû dire.
Octave Klaba 25:35 ↗
Euh OK. Donc voilà, c'est exactement ça. C'est du LLM ça, on est d'accord. C'est qu'on sait, on connaît la suite de mots qui va arriver puisque OK.
Interviewer 25:45 ↗
Très intéressant. Et tu Mais ça va vite, non ? Quand même l'acquisition de la langue.
Octave Klaba 25:51 ↗
Quand j'ai eu mon bac en fait, donc je suis assez fier d'avoir eu bac au bout de 3 ans et 16 à l'oral. Donc ne m'explique pas comment j'ai eu 16 à l'oral. Euh bon à l'écrit et puis la moyenne mais oui, je l'ai eu et puis bon maths physique c'était simple.
Interviewer 26:10 ↗
J'arrive pas à voir si tu as un petit accent encore un peu.
Octave Klaba 26:13 ↗
Ouais, je pense que ouais. C'est...
Interviewer 26:16 ↗
Et ton frère aussi ou pas du tout ?
Octave Klaba 26:18 ↗
Mon frère beaucoup moins.
Interviewer 26:19 ↗
OK. Beaucoup moins. Et avec tes parents, tu parles comment en polonais ?
Octave Klaba 26:22 ↗
Ah, c'est intéressant. Ça dépend sujet mais globalement 80 % en français.
Interviewer 26:26 ↗
OK. D'accord. Mais ça dépend des sujets. Enfin, quand on s'engueule, c'est en polonais ou non ?
Octave Klaba 26:32 ↗
Non, c'est plutôt en français. En fait, c'est rare qu'on parle en polonais, mais il y a des mots parfois c'est plus facile en polonais en fait.
Interviewer 26:40 ↗
Et tes enfants, tu en as des enfants ?
Octave Klaba 26:41 ↗
Non, c'est français en fait. Que français.
Interviewer 26:43 ↗
Que français. OK. Euh tu as gardé des choses de ton background polonais ? Est-ce qu'il y a des choses importantes ou des espèces de peut-être force ou est-ce que tu crois que c'est un de ton éducation là-bas ou dans ce système ?
Octave Klaba 26:59 ↗
C'est débrouille en fait peu importe peu en fait c'est que je dis parfois aux équipes c'est que on a les meilleures idées quand on est face à un mur avec un pistolet sur la tempe et on est en mode survie d'accord là c'est voilà trouve une idée maintenant sinon c'est fini.
Interviewer 27:20 ↗
Et ça, j'aime bien, enfin j'aime bien, c'est pas agréable mais c'est là où on devient hyper créatif parce que l'instinct de survie en fait, il est démultiplié et il trouve des idées qu'on aurait pas trouvé normalement parce que d'un coup on laisse tomber complètement toutes les règles sociales, tout ce qu'on a appris et on est à l'état brut en fait.
Octave Klaba 27:42 ↗
Réfléchir comme un enfant.
Interviewer 27:45 ↗
C'est marrant, c'est un peu le là, je vais les noter parce que je face un mur avec un pistolet sur la tempe parce que c'est un peu le sujet de ma newsletter ce matin où je me dis dans le contexte actuel où en fait c'est moins porteur, tu vois, économiquement depuis quelques temps et puis on sent que c'est on marche un peu sur des œufs, des bombardements à droite à gauche, des tas de choses comme ça. Tu te dis bon, on va être dans une zone un peu de croissance plus plate et ça va peut-être être moins facile pour beaucoup de néo-entrepreneurs. Et je me dis ce qui est intéressant, c'est que en fait ça va exacerber la créativité de certains et je trouve ça intéressant l'état de survie en fait.
Octave Klaba 28:20 ↗
Et moi ce que je vois en fait la boîte aujourd'hui c'est une grosse boîte, 1 milliard de chiffres d'affaires à 3000 personnes mais moi je me lève tous les matins comme si ça allait mourir le soir. Et c'est mon état d'esprit. C'est-à-dire dans la journée, il faut qu'on fasse survivre la boîte. pour qu'on fasse survivre et je suis dans cet état là au quotidien et parfois les gens ils viennent des autres boîtes, ils ont des parcours pas comme les miens et puis ils ne considèrent pas l'entreprise de la même manière en fait en disant bah c'est solide, ça va et en fait les décalages, ils sont à ce niveau-là en fait c'est s'il y a des décalages c'est sur cette approche là en fait du business. Moi c'est animal, c'est j'ai faim, j'ai envie de faire du business, j'ai envie d'aider les clients, j'ai envie de comprendre ce qu'ils ont besoin. Et c'est survie, c'est animal. C'est vraiment j'adore faire ça en fait.
Interviewer 29:13 ↗
C'est un peu le founder mode. Je sais pas si tu as suivi un peu ça, mais quand même dans les grandes lignes, c'est-à-dire que tu es toujours un peu à regarder quand tu vois la première fois où tu vois quelqu'un autour de toi dans ta boîte qui vole en business, tu dis "Mais qu'est-ce que tu veux ? Tu vois ce que je veux dire ?"
Octave Klaba 29:30 ↗
Non, c'est moi je le vis en disant tous les jours il y a quelque chose de nouveau qu'on peut créer. Tous les jours, il y a des opportunités. Chaque problème en fait c'est une opportunité parce que c'est un problème donc il faut le résoudre. Donc si on a des problèmes, c'est que les autres ils doivent avoir la même typologie des problèmes. Si nous on a des clients ils ont des problèmes, c'est qu'ils cherchent des solutions. Et donc le problème c'est le début d'une incroyable journée en fait.
Interviewer 30:02 ↗
Voyage. Ouais, ça se sent chez toi. Je pense que le problème c'est un truc qui te plaît quoi. Tu es un problème solver.
Octave Klaba 30:09 ↗
Je suis un geek en fait. Donc les gars, ils sont nourris par les problèmes. Moi, je parle des problèmes tout le temps. Donc tu as l'impression qu'il y a des problèmes. Tu passes 30 minutes avec moi, tu te déprimes. Mais en fait non, c'est qu'il y a plein de trucs à faire. Enfin, je veux dire, il y a problème ici, problème là.
Interviewer 30:25 ↗
Ça c'est une super mentalité. Non mais c'est vrai hein parce que moi je en fait c'est vraiment pareil une mentalité d'entrepreneur tellement dire le si tu fuis les problèmes tu peux pas entreprendre tu peux pas faire les choses. Oh là là qu'est-ce que ça peut m'énerver quand je sens un déni chez quelqu'un voilà il y a un problème mais non il y a pas de problème quoi. Il y a pas de problème attends il y a un problème là donc premier truc c'est admettre qu'il y a un problème. Il faut que tu as admis qu'il y a un problème, tu peux commencer à le résoudre parce que si tu as pas admis qu'il y a un problème, tu vas jamais le résoudre.
Octave Klaba 30:57 ↗
Et donc il y a un des phasings en fait, des stepping quand tu résolves le problème. Donc déjà se mettre d'accord avec tout le monde qu'il y a un problème. Et en fait, on passe pas suffisamment de temps sur cette partie-là parce que parfois les gens ils disent hm sur les tapis et à un moment tu peux pas marcher, tu prends les pieds dans le tapis parce qu'il y a tellement de problèmes en dessous.
Interviewer 31:18 ↗
C'est un épisode que j'ai tourné récemment avec Shane Parrish qui est vraiment sur le tu vois ce qu'il appelle la pensée claire, pensée avec clarté, le clear thinking et qui parle vraiment, il explique que pour prendre des bonnes décisions déjà faut analyser le bon problème quoi parce que beaucoup de gens vont soit être dans le déni comme tu le dis, pas voir le problème ou d'autres vont essayer de résoudre un problème qui est pas le bon et ça c'est aussi assez majoritaire.
Octave Klaba 31:44 ↗
Ouais, c'est là-dessus, on a trouvé en fait un process qui s'appelle stage gate enfin je l'ai mis en place stage gate 0 en fait l'étape zéro.
Interviewer 31:51 ↗
Stage gate. OK.
Octave Klaba 31:52 ↗
Stage gate en fait comme les portes. Tu passes des portes à le premier porte en fait c'est que tu décris les problèmes que tu veux résoudre et en fait tu l'actes sur un document pour dire quel est le problème ensuite tu cherches les idées et tu l'actes l'idée. Ensuite tu passes en POC pour tester l'idée et tu l'actes sur un business model. Et ensuite tu passes en alpha beta et en mais le début il est hyper important. Parce que je me suis aperçu que plein de gens ils bossaient sur un truc mais c'est ça l'air génial mais c'est pour quoi faire.
Interviewer 32:26 ↗
Fais-toi plaisir mec. Mais bon. Ouais.
Octave Klaba 32:28 ↗
Ou mais en fait c'est même pas un méchant. C'est juste les gens ils essayaient de résoudre des problèmes mais que eux ils pensaient que c'était des problèmes en fait qu'ils étaient pas les problèmes des clients.
Interviewer 32:39 ↗
Non mais c'est sûr. Et ça c'est alors c'est vraiment je pense la base de l'entrepreneuriat et des erreurs que j'ai pu faire et un peu refaire dans l'entrepreneuriat un peu trop intuitif. C'est-à-dire que tu dis au début, tu dis "Putain, il faut que je me lance là-dedans, c'est sûr, ça va, je vais résoudre un problème de ouf." Puis tu lances le machin et puis en fait rien quoi, tu vois. Et c'est vrai que faut le concevoir mais Shane Parrish, je sais pas si tu vois de qui il s'agit mais vraiment le bouquin clear thinking vaut vraiment le coup. Mais on est exactement dans la même démarche sur ton stage gate 0.
Octave Klaba 33:18 ↗
Moi j'ajoute la partie financière aussi. Euh il y a trois éléments marketing, le besoin du client, donc quel est le problème ? La partie financière. Aujourd'hui, on est sur dans 3 ans, il faut que ça génère un million par mois de revenus.
Interviewer 33:34 ↗
OK. D'accord. C'est on se lance pas dans les idées à 100000 € aujourd'hui.
Octave Klaba 33:38 ↗
Mais au début c'était 10000, ensuite 100000, 500000 et 1 million aujourd'hui. Donc quand tu lances un nouveau projet, il faut que dans 3 ans ça génère 1 million par mois.
Interviewer 33:46 ↗
Ça aujourd'hui oui, c'est mandaté.
Octave Klaba 33:48 ↗
OK, d'accord. Mais il y a 10 15 ans c'était 100000.
Interviewer 33:51 ↗
OK.
Octave Klaba 33:52 ↗
Et l'argent c'est un KPI de besoin.
Does it really meet the needs of clients? So that's the first one, it's marketing, second is finance, and third is tech. And not the first.
Interviewer 34:05 ↗
H.
Octave Klaba 34:05 ↗
Because you create a framework, right? You take the framework and say, here, you see the needs are between here and here, it's here, it's here, it's not over there. OK. And on the other side, financially, it needs to work here, not there. There it's not profitable. There it's not possible. So it's here, and therefore you frame the tech on both sides. And then you say, well there, that's where you need to play. You see the sandboxes are there. And there, the tech people say, well yes but we can't solve that problem, it's impossible because given the constraints, there's just no solution. Well yes but that's where the work begins. We're going to find a solution. It seems impossible but we're going to find a solution.
And so everything I built was like that, in fact. Meaning you had to redo these things — marketing, finance, tech, client — about twenty times to try to find the compromise between those three elements so that the idea would work for the client. There are moments when it doesn't work, you can't solve them. There are moments when we find an idea, we go to the POC and at the POC it doesn't work.
Interviewer 35:24 ↗
Do you have an example?
Octave Klaba 35:26 ↗
Yes. We did tape storage. OK. We bought — when you store information, you have hard drives. But when you want to store information for very, very long term, you store them on tapes.
Interviewer 35:39 ↗
OK. Still today?
Octave Klaba 35:41 ↗
No. Of course.
Interviewer 35:41 ↗
Tapes what? Magnetic?
Octave Klaba 35:43 ↗
Yes, of course.
Interviewer 35:44 ↗
Oh wow.
Octave Klaba 35:45 ↗
Listen, we have four data centers with magnetic tapes. Of course.
Interviewer 35:51 ↗
Oh, I didn't know. OK, I see.
Octave Klaba 35:53 ↗
So these are things that are really stored. It's actually in cabinets, basically. It's not — well, they're big data centers actually. Well, big — they're small data centers for us. But it's still — it's a cassette, right.
Interviewer 36:05 ↗
But it's — it's a cassette, right.
Octave Klaba 36:07 ↗
Yes, there are several tens of thousands of them.
Interviewer 36:09 ↗
Yeah, but you have to go get it manually, put it in a robot. There's a robot that goes and gets it. But so it's not accessible right away like that. It's that the robot has to go get it and so on.
Octave Klaba 36:18 ↗
Exactly, you've understood everything. The data needs to be prepared and it doesn't come automatically because all of that is on tape, so you have to unroll it and so on.
Interviewer 36:28 ↗
I — I didn't know there were — so —
Octave Klaba 36:30 ↗
Of course. So 50-year storage, that's the only way you can do it. Because that's storage — for example, I'll tell you — archiving.
Interviewer 36:38 ↗
Archiving. Yeah. Old data from —
Octave Klaba 36:41 ↗
Tracking old data. You have podcasts from 10, 20 years ago, well you're not going to put that on a hard drive, you put it on tape and you forget about it. Maybe one day you'll need it. Super cheap, it costs 1 euro per terabyte per month.
Interviewer 36:54 ↗
OK. No but it's actually super great. It's a bit silly but today I have — all my — you see now that you tell me this, you've already sold me a product, but I have all these data indeed of raw recordings. I don't really know where to put them. I was going to buy a small — I don't remember what it's called — not a LAN, what do you call it? A thing you put in the office, a kind of big server — darn — well, storage servers.
Octave Klaba 37:24 ↗
Well, storage servers.
Interviewer 37:26 ↗
Yeah. Yeah. I don't know if I found one last week — a small S — a NAS, thank you, exactly a NAS. But actually when you tell me this, I think no, I don't need a NAS, I'll send it to you. 12 euros per year for a terabyte.
Octave Klaba 37:39 ↗
Yes, yes.
Interviewer 37:41 ↗
Yeah. No, no, it's useless. And then you have — how do you call it? When you have it in several locations, it's a — redundancy. No, you don't store it in just one place. We'll talk about fire later, regions — regions, right.
Octave Klaba 37:54 ↗
Yes, well there are two — it's at least four locations. Yeah, there are four locations where it's stored. Four locations and the data is stored on 12 cassettes at the same time.
Interviewer 38:01 ↗
OK, I see.
Octave Klaba 38:02 ↗
It's distributed with an algorithm called Reed-Solomon coding. So you can lose up to three cassettes and you still recover the data.
Interviewer 38:09 ↗
OK, I see. I didn't know. And so these products, we develop them, we think it could work this way because we discover the technology, then we try to build the proof of concept, and it doesn't work. OK? So boom, we go back and we say no, it doesn't work. So we'll do it differently.
And so to understand — and it pushed through — so you succeeded.
Octave Klaba 38:29 ↗
Yes, yes, now it works. We finally found a solution. And the fact of putting it on a hard drive is actually much more expensive because the hard drive is always plugged in. It's always plugged in, it's faster, and so you pay — the cost increases with the access speed and the number of IOPS, meaning the operations you can do on the disk, and the bandwidth you can retrieve.
So for example, when you do a big video, it's rather a very large file. So what you need more is bandwidth. IOPS, you don't do many. On the other hand, when you do lots of small files, it's lots of IOPS. Bandwidth, well, you record little but many, many times per second. And so those are other types of storage. So you have tape on one side, then HDDs, meaning hard disk drives with platters, then you have SSDs. Now, between the two, there are QLCs, it's a new technology that's between the two. And after, well, you have SLC and then behind that, the NVMe SSDs.
Interviewer 39:30 ↗
OK.
Octave Klaba 39:30 ↗
In the public, it's LVM.
Interviewer 39:32 ↗
He's losing me. There we go, we're going to come back to the details about the technologies underneath, about how data is stored in three dimensions or not on the little chip. OK, we're going to get into those details. I've seen in the tech, IT, digital world broadly, there have always been several big teams. There are people who are on software, there are people who are potentially a bit on product, and all those who are like you really on the infrastructure — I don't know what you call it in broad terms. What you do, your job, is hosting, cloud — you call it cloud but what is cloud? OK, because —
Octave Klaba 40:16 ↗
The server — because people understand — well, they understand the word depending on who they are. For the general public, cloud is storing information in the cloud. Dropbox and so on. In B2B, in professional cloud, and when we say cloud provider, there are three types. You have IaaS — infrastructure as a service, you have PaaS — platform as a service, and you have SaaS — software as a service.
Interviewer 40:44 ↗
OK.
Octave Klaba 40:44 ↗
Software as a service, the most well-known is Salesforce. But in the public domain, in B2C, Netflix, Spotify, all that — those are SaaS. It's software that you use but you pay monthly. And this whole market transformation that took place over about ten years — it continues sometimes — but now you've moved from: I buy a software, install it on a computer, use it, and that's it, Excel once — and you had updates — now everything has moved to subscription.
Interviewer 41:21 ↗
In subscription.
Octave Klaba 41:22 ↗
So this whole transformation meant that underneath, there needed to be technologies to develop them so that it could cost a small monthly sum whether you use it or not. And so there it's PaaS and IaaS. So we are in IaaS.
Interviewer 41:39 ↗
OK.
Octave Klaba 41:39 ↗
And our clients build SaaS on top, and one of those SaaS could be Dropbox or others, it could be Salesforce, it could be other things, other types of services.
Interviewer 41:49 ↗
OK.
Octave Klaba 41:50 ↗
But this cloud, there are two extremely important things: hardware and software. It's the mixture of the two that makes IaaS work. For example, when you store information, you need a computer to store the information. So we don't store on one server, we store on many servers. We divide the information, put it on many servers, and put that across many data centers in parallel.
Interviewer 42:16 ↗
Hm.
Octave Klaba 42:16 ↗
We don't copy data two or three times, we copy it 20% more, 30% more with specific algorithms. But you need hardware. If you don't have hardware, you don't have cloud. But that's not enough. What I just told you is that there's an algorithm — there's 20%, 30% extra — and so you need software to host it across many servers and manage all those servers. Those software, some are open source, not all of them.
Interviewer 42:49 ↗
What's it called for example?
Octave Klaba 42:50 ↗
Well, we acquired companies called for example OpenIO. So it's object storage, OpenIO, but there are other open source technologies. In storage, you can have object storage, you can have file — so NAS, you were talking about NAS — that's file storage, so you really store the file and access it through protocols — oh, I'm going to lose everyone.
Interviewer 43:14 ↗
There it's more NFS or CIFS, right?
Octave Klaba 43:17 ↗
Yeah. Yeah. OK. Yeah. And after you can have block storage. So that's another technology to have file systems that you can format as you want. So it's very technical.
Interviewer 43:28 ↗
H.
Octave Klaba 43:29 ↗
And we sell all these very technical things. But sometimes the software exists in open source. Sometimes it's scalable, sometimes it's not. Meaning it doesn't work on 1,000 servers or 10,000 servers, it works on 1, maybe 2, maybe 10, and then you have to develop. And so you need two very strong core activities: knowing how to host and develop servers.
Interviewer 43:51 ↗
Yeah.
Octave Klaba 43:51 ↗
Everywhere in the world, that's what we do. And on the other side, developing software that runs on it, and you sell services to clients, pay as you go.
Interviewer 44:02 ↗
And that's what they use. What I wanted to say is, you do have a trend — me, I came to digital more from the business side. Indeed, at the beginning I had partners, first my cousin, then my brother. I also work with family a bit and I have quite a few people around. You were saying, you told them basically, well, figure it out. And they were more on the software side. And indeed, you feel there's a whole big family around hosting and all that, which is a world where people are not separated but they learn quickly, a bit like at school. I don't know to what extent you're between these two worlds. I imagine a bit from what you're explaining. But often the people I work with are more on the third job, which is SaaS — really developing. And so the cloud really helped them simplify all that, abstract away the infrastructure, all those tedious things that you need but without them you can't do it.
Octave Klaba 44:58 ↗
To simplify, to abstract away the infrastructure, all those tedious things that you need but without them you can't do it. And so you have to do something called CAPEX, meaning capital expenditure. You have to buy your servers.
Interviewer 45:12 ↗
OK.
Octave Klaba 45:14 ↗
All at once, you spend 1,000 bucks instead of paying 1 euro, 5 euros — it depends on your demand — but in any case over many months. So in terms of cash flow, you spend 1,000 bucks and on the other side it's a tiny bit every day.
Interviewer 45:27 ↗
I used to do that. So for the younger people listening, they don't understand this at all. But in my first startups, the first startup I created, we went to Redbus, right? Does Redbus still exist? No, it was acquired, I don't remember by whom. Yeah, but we had completely done hosting. Yeah, quite a bit.
Octave Klaba 45:43 ↗
Yeah, yeah.
Interviewer 45:46 ↗
Before using OVH, you see, when I tell you I'm an old client — we had racks that we bought, we developed in .NET, which wasn't necessarily always the best idea, I think, but —
Octave Klaba 45:54 ↗
On Windows.
Interviewer 45:55 ↗
Windows, and we had — the .NET hosting racks cost an arm and a leg.
Octave Klaba 46:00 ↗
That's my job, one of my jobs actually — we produce about twenty racks per week.
Interviewer 46:08 ↗
Of what? Of —
Octave Klaba 46:10 ↗
Of racks. What you call a rack is a bay with 48 servers inside.
Interviewer 46:15 ↗
OK.
Octave Klaba 46:15 ↗
We produce up to 3,000 servers per week.
Interviewer 46:19 ↗
Incredible.
Octave Klaba 46:20 ↗
And so we supply that to data centers.
Interviewer 46:24 ↗
And are there still people who buy their own rack from you?
Octave Klaba 46:27 ↗
We don't sell racks.
Interviewer 46:28 ↗
No.
Octave Klaba 46:29 ↗
No, no, no. We have our data centers, our servers, but they're just for us, for renting to clients, on which we install software and our clients do too.
Interviewer 46:39 ↗
OK. But some have their own dedicated rack?
Octave Klaba 46:43 ↗
No, well — they have dedicated racks. We have offers that — especially for sovereignty, encryption — those are rather dedicated installations.
Interviewer 46:52 ↗
We'll come back to the beginning, but just to understand the extent of the damage today. OVH, you told me a billion in revenue. How many data centers are there?
Octave Klaba 47:04 ↗
I think we have about 43, 46 — I don't remember.
Interviewer 47:09 ↗
In the world.
Octave Klaba 47:10 ↗
In the world. We have them in France, Germany, Poland, England, and now Italy, the US, Canada, Singapore, Sydney, and Mumbai.
Interviewer 47:19 ↗
How much does a data center cost?
Octave Klaba 47:22 ↗
The latest ones or — it depends on the size.
Interviewer 47:28 ↗
OK.
Octave Klaba 47:30 ↗
And it depends on the era. You see, we're talking about artificial intelligence, you've heard the announcements. There will be a data center development plan, it will cost several billion and so on. Those are somewhat specific data centers. And there are two effects that we see: we made investments in data centers 10 years ago, 20 years ago, because we knew it was important for our business.
For quite a while, people said cloud was — 'Yeah, no, cloud is over. The Americans won, we should give up.' Now there's another war happening on artificial intelligence. How many times has someone told me that? I've heard it 20, 40 times. And in fact, people have discovered that to build artificial intelligence, you need data centers — no kidding. Because it's the same as cloud, it's roughly the same types of services. It's always on demand, it's always hardware, you always have software. It's slightly different, it's a bit different, it could be very different depending on your perspective, but it's always the same type of business.
Meaning PaaS. And people look for SaaS — when you have a chat, the chat is SaaS.
Interviewer 48:42 ↗
Yes.
Octave Klaba 48:45 ↗
Underneath, underneath you have PaaS — it comes out. Actually, we call that endpoint. And underneath, you have IaaS, which is called GPU.
Interviewer 48:53 ↗
OK.
Octave Klaba 48:53 ↗
The GPU is what Nvidia makes, for example.
Interviewer 48:57 ↗
Right. So it was originally for video stuff, right?
Octave Klaba 49:02 ↗
No, for video games. They had incredible luck — they developed a technology for video games. And when you play, it's matrix calculations for lighting, depth, 3D — all the matrix calculations needed to render the image. And it turns out that AI also uses matrix calculations.
Interviewer 49:23 ↗
Ah, I hadn't seen that angle. OK.
Octave Klaba 49:25 ↗
And so everything they developed also works for AI. It's wow. I mean, it's an incredible stroke of luck.
Do you know Jensen?
Interviewer 49:36 ↗
No.
Octave Klaba 49:36 ↗
You must have been a big client though.
No — we are a client. I don't think we're a big client — I don't know, we must have invested about 150 million in GPUs from them, from Nvidia.
Interviewer 49:48 ↗
Yeah, that's not much.
How much does the biggest data center cost?
Octave Klaba 49:55 ↗
I don't have the price off the top of my head.
Interviewer 49:57 ↗
You don't know?
Octave Klaba 49:58 ↗
I don't have the price. I can give you some rough numbers for the biggest ones, but again, I've been very lucky. I went to Canada for example — not in the OVH story. There were different phases. At one point, there was a phase where we said, OK, we've done Europe, let's go to North America now. That was 2010-2011. And so I built several data centers at that time. We were just in Roubaix, and we did Strasbourg, and I went to Montreal, and we did Gravelines — three years in a row.
And so when I went to Montreal, my father had done the scouting with teams to find places where we could simply find data centers, and he found an old Rio Tinto Alcan factory — you know, those places where they smelt molten metal.
Interviewer 50:53 ↗
OK. OK.
Octave Klaba 50:56 ↗
It's enormous abandoned buildings, basically decommissioned. And it's brilliant — the thing is — it's not possible — it was terrible.
No but you see very well — the factory was designed in the 1940s for World War II.
Interviewer 51:12 ↗
OK.
Octave Klaba 51:12 ↗
During the war, molten metal was flowing — molten aluminum for 60 years. And there you find it, super pretty. When I arrived, I saw what he saw — everything was terrible but you could see the details inside. It's like when you overlap two images, you see the image but I saw something else. And so we bought it and we paid nothing. It was ridiculous.
Interviewer 51:39 ↗
OK.
Octave Klaba 51:39 ↗
And that's our biggest data center, it's the equivalent of 100 megawatts of electrical power. Today it's like that and available — 100 megawatts of electrical power. We can put 200,000 physical servers in there.
Interviewer 51:53 ↗
Incredible. OK.
Octave Klaba 51:56 ↗
So for us, there must be about 100,000 running out of the 500,000 we have.
Interviewer 52:00 ↗
Oh OK, that's 20% of your —
Octave Klaba 52:02 ↗
Yeah, there I have a Gravelines too that's not bad, must have 80,000 servers. In Roubaix I have 100,000. And after that there are smaller data centers of 20,000, 40,000 servers.
Interviewer 52:13 ↗
It's funny because what you're saying — we just came back from Brazil where we did a documentary that we'll release in a few weeks on YouTube. And there are places — we went to Porto Alegre but especially São Paulo and a bit of Rio — where in the city, there are just — the cities are enormous. São Paulo is enormous. I don't know if you've been but it's mind-blowing. And there are places in the city where you see old abandoned factories stretching as far as the eye can see. There are tons of them. You think, what could you possibly do with that? You know very well what to do with that.
Octave Klaba 52:53 ↗
You know, when I started at OVH we were short on space. And we were mainly in Roubaix and the data centers were in Paris. And I was making the trip three times a week with new servers in the trunk. It was really the beginning.
And I'd drive back to Paris at night because it was nighttime, I was on the ring roads and so on, and I'd see all the houses, all the things with lights, and people in the kitchen and stuff. I saw racks inside. I saw racks everywhere — any building had racks inside. I was so obsessed at night.
Interviewer 53:31 ↗
You dream of racks, of connections.
Octave Klaba 53:32 ↗
Oh no, I could put three racks here. Four racks there.
Interviewer 53:37 ↗
And today, do you still build racks? Do you still get your hands dirty, does that happen?
Octave Klaba 53:44 ↗
Oh, of course. Yeah. Well, not every day, but if you asked me today to cable, I think I have guys who do it better than us. You should come visit the factory.
Interviewer 53:55 ↗
I'm keen, very keen.
Octave Klaba 53:56 ↗
Absolutely. The guys are great. But yeah, if you ask me to build, I'll build your rack, no problem.
Interviewer 54:04 ↗
We'll come back to the very beginning before you explain how your model today, the GPUs, how all that evolves, how it will evolve in your view. But day one of OVH — you were telling me about an association — how did all that start?
Octave Klaba 54:24 ↗
So I made small free service sites.
Interviewer 54:28 ↗
Yeah, OK.
Octave Klaba 54:29 ↗
So that was during my internship, and at the end of the internship, three months later, there were so many users — it was free — so many users that they put it on their site. And the sum of all the visits across all those sites ended up at my place, because behind each visitor, I had a counter on my site that was hosted. I hosted everything that was dynamic. But so every time there were visitors here and there on all the sites, I had the visit of the script, the guestbook, the counter and so on.
And so my host said, 'I'm going to cut your site, it uses too many resources.' I said, 'Wait, wait, wait, I have a deal for you. I have lots of users who use my services. You can advertise to them, propose hosting, and in exchange you host my server for free.' So he said OK.
And so I took the car — I was doing an internship at DEC in England. I had a Golf 2 that was terrible, fifth gear didn't work, the window was broken, it was a wreck. So I drove down with that. My mother bought me a computer with her savings. I took a plane to New York, I landed there. I went to rent a car — it's not the legal age to rent a car in the US. So I called the guy and he says, 'I'll send you a limousine.' So I went by limousine to Pennsylvania, between New York and Pennsylvania, and I stayed a week. I bought a Red Hat 5.0 CD.
I had my computer and one week to install Linux. I had never installed Linux.
Interviewer 56:18 ↗
Linux. Yeah. OK.
Octave Klaba 56:20 ↗
So that was my first experience with Linux. 1998. And so I installed the server but that's where it was incredible. I arrive at his place, I expect to see a data center. I had never seen a data center.
Interviewer 56:35 ↗
OK.
Octave Klaba 56:37 ↗
So I arrive and he says, 'Show me your clean room where you host servers and let's go.' And it's a shed at the back of the garden — a wooden shed with a table, his computer, a BNC cable. You know, before RJ45, BNC — he opens the T, puts mine in, and plugs it in behind. So his connection was — but you think, I crossed the world to see this.
Interviewer 57:02 ↗
OK.
Octave Klaba 57:02 ↗
And you think, this doesn't look very complicated. Oh, maybe I'll do hosting. So that's how it started. I saw the back of the shop and it was peanuts. And so I bought my computer, installed it, and moved my site onto it.
It kept evolving but at a certain point I needed a second computer to run everything. And I had brought him so much business that he was about to divorce his wife. So she said, 'I can't anymore.' So I said, 'Listen, I just finished my studies. I'd be happy to take over all the clients I brought you to continue the business because I'm morally committed to providing the services. They need to be good.' So that's how I started.
Interviewer 57:46 ↗
So you started, you created a structure to host —
Octave Klaba 57:50 ↗
Yeah.
Interviewer 57:51 ↗
And in exchange, your model was based on advertising?
Octave Klaba 57:54 ↗
No, no, no, people paid. Paid from the start. I started in overdraft, I had no money. And on top of that I quit the company where I was working after three weeks.
Interviewer 58:08 ↗
Yeah.
Octave Klaba 58:08 ↗
So there was no choice. I had to earn at least a little bit. So I didn't bill — I think I only charged for installation. I didn't bill clients for a year at the beginning because I didn't have a billing system.
Interviewer 58:22 ↗
Yes, that's what I was going to say. At the time, billing systems — today it's easy, you snap your fingers. But for a year you had — at some point you had to bill the clients.
Octave Klaba 58:29 ↗
So at some point I had to bill the clients, so I said, 'I'm sorry, I'm going to send you invoices.'
Interviewer 58:36 ↗
Because at that time, you were limited — people paid by check, right?
Octave Klaba 58:40 ↗
Yes, sure. There was no credit card, a bit of wire transfer. Credit card was just beginning and it was debit cards. And so clients would say, 'I don't know if I want to give my credit card number.' So what I did was also — if you pay by credit card, you pay for the period you chose and I won't ask you for more money. So the whole business model we developed is based on this effect from day one: there was no trust in payment methods, clients could cancel, and so we had to create sustainable business models that work with just one payment and regardless of what happened afterward, there was no additional billing.
So prepaid bandwidth, prepaid usage, everything had to be included. It's all-in and it had to work.
Interviewer 59:28 ↗
What people don't realize — for those who aren't familiar with all this — what you generally pay for —
Octave Klaba 59:34 ↗
Yeah, that's it. In the service, there are two big things. In hosting, there are two big things. There's the volume of data. So think about your phone — it's the volume of data stored on servers. So if you have — I'll take an example — two photos and you never access them. And that's the second dimension, it's bandwidth. How many times are you going to fetch information from the photos, how many times are you going to view or share them and so on? So you have the volume of data on the server. If you have 10 billion photos, it's going to cost you more even if you never look at them. And after, if you have 10 billion photos that you access constantly, that's going to cost very, very much. And now on your photos, you can do operations.
Interviewer 1:00:19 ↗
Yes. OK.
Octave Klaba 1:00:21 ↗
So that's computing power. And that's before even AI.
Interviewer 1:00:22 ↗
Yeah, really — yeah, really — yes.
Octave Klaba 1:00:28 ↗
Indeed, normally what we say is there are five dimensions. There's CPU — computing power, RAM. Then there's disk space, bandwidth, and now there's a fifth, which is GPU.
Interviewer 1:00:38 ↗
OK.
Octave Klaba 1:00:38 ↗
Yeah. Yes, because often computing was done — that's the dimension I hadn't mentioned — but it was also done locally. For example, a console. Today, a lot of computing is done on the console, but we're increasingly looking to do remote computing.
Remote — so having consoles that aren't necessarily very powerful.
Interviewer 1:00:57 ↗
It's streaming.
Octave Klaba 1:00:58 ↗
Yeah, like what Shadow offers.
Interviewer 1:01:00 ↗
OK.
Octave Klaba 1:01:01 ↗
It computes in the cloud, a computer in the cloud, and you only receive streaming as if it were Netflix. Except you interact with the keyboard and mouse with that computer.
Interviewer 1:01:12 ↗
And so how do you evolve from all that to 500,000 servers? What happened — what were the big steps? Because at the beginning you were all alone — well, your parents, your brother, but maybe not at the very beginning.
Octave Klaba 1:01:29 ↗
Actually.
Well, my father didn't want me to start a company.
Interviewer 1:01:34 ↗
OK.
Octave Klaba 1:01:34 ↗
He wanted me to work at a company.
Interviewer 1:01:36 ↗
H.
Octave Klaba 1:01:36 ↗
So I said no, no, I don't want to work at a company, I'm creating this. That caused a bit of tension.
Interviewer 1:01:40 ↗
Oh that was hard. That was the conversation.
Were you living with them?
Octave Klaba 1:01:46 ↗
I came back to live with them, yeah. I came back to live with them. I had left to go to Côte d'Azur and I came back, and yeah, we had a somewhat difficult conversation. And my mother said, 'Look, he wants to do this. What do you want to do? We have to help him.' So finally my mother helped me and we created the company. Well, I created the company.
Interviewer 1:02:15 ↗
Were you sure of yourself?
Octave Klaba 1:02:17 ↗
Oh, I wasn't looking for success. I just wanted to code.
Interviewer 1:02:20 ↗
Hm. OK.

318 more exchanges in this transcript

Sign in free to read the rest of this interview. No card required.

Sign in to read the full transcript

Cite this transcript

APA, MLA, BibTeX
APA

Klaba, O. (2025, July 7). Faire la guerre avec les géants américains du Cloud - Octave Klaba, OVH [Interview transcript]. Matthieu Stefani - Génération Do It Yourself. CEOInterviews.AI. https://ceointerviews.ai/interview/1110281/

MLA

Octave Klaba. "Faire la guerre avec les géants américains du Cloud - Octave Klaba, OVH." Matthieu Stefani - Génération Do It Yourself, 7 Jul. 2025. Transcript, CEOInterviews.AI, https://ceointerviews.ai/interview/1110281/.

BibTeX
@misc{klaba2025_1110281,
  author       = {Octave Klaba},
  title        = {Faire la guerre avec les géants américains du Cloud - Octave Klaba, OVH},
  howpublished = {Interview transcript, Matthieu Stefani - Génération Do It Yourself. CEOInterviews.AI},
  year         = {2025},
  month        = {jul},
  url          = {https://ceointerviews.ai/interview/1110281/},
  note         = {Speaker-attributed transcript with timestamps}
}