About Bertrand Dumazy
Bertrand Dumazy, Chairman and CEO of Edenred, appeared on BFM Business on July 23, 2026, to discuss the company's first-half results and the reform of meal vouchers in France. He noted that Edenred's net profit declined by 7.5% to €214 million, attributing this to regulatory changes in Italy and Brazil, which he described as a "transition year." Despite the profit drop, the company raised its growth forecasts for the end of 2026.
Regarding the meal voucher reform, Dumazy stated that while adapting to new consumption patterns, such as allowing purchases in supermarkets, is positive, "we must maintain limits, otherwise the system serves no purpose." He argued that the system is funded by employers for meals during work hours and should not be extended further. Dumazy also confirmed that Edenred has received expressions of interest from investment funds regarding a potential acquisition, but said no confirmation of such interest has been made.
Source: AI-verified profile updated from Bertrand Dumazy's recent appearances.
Browse all interviews →
Transcript (23 segments)
I
Interviewer0:00
Le grand entretien, c'est Bertrand Dumazy, PDG d'Edenred, qui est avec moi ce matin. Bonjour. Red, leader mondial des avantages au salariés. Vous publiez vos résultats du premier semestre et on note un bénéfice net en recul de 7,5 %, 214 millions d'euros de bénéfice net. Mais vous relevez vos prévisions de croissance pour la fin de l'année 2026. Ça, c'est pour la bonne nouvelle. On va revenir sur ce bénéfice net. Ça, c'est la conséquence de ce qui s'est passé en Italie et plus récemment au Brésil.
B
Bertrand Dumazy0:28
Absolument. C'est-à-dire que l'on a des changements réglementaires. Donc pour nous, 2026 est une année de transition. Donc on absorbe le choc mais on se prépare à de la bonne croissance pour les années à venir.
I
Interviewer0:39
C'est la remise en conformité parce que là-bas, ce qui se passe dans ces deux pays-là, c'est la réglementation en fait qui pose problème.
B
Bertrand Dumazy0:44
Alors oui, la régulation n'avait pas changé depuis une vingtaine d'années. Un nouveau cadre a été fixé, ce qui a l'avantage de donner de la visibilité et maintenant on peut se redéployer dans ce nouveau cadre. Mais dans un premier temps, il y a un reset qui est fait et on est dans cette phase de transition en 2026 pour juste une partie de nos activités, hein. Ces deux pays représentent 20 % de notre chiffre d'affaires.
I
Interviewer1:06
Vous, ce que vous dites, c'est que la résilience du groupe vient aussi du fait que vous êtes géographiquement partout. C'est 45 pays aujourd'hui.
B
Bertrand Dumazy1:13
Nous sommes dans 45 pays et Red. Voilà, c'est ça. Et l'activité très importante pour vous en ce moment, c'est la mobilité qui prend de plus en plus de place.
I
Interviewer1:20
Absolument. La mobilité qui fait à peu près 30 % de notre chiffre d'affaires et qui est en croissance de plus de 10 % sur le premier semestre 2026. C'est la conséquence de l'électrification des flottes qui est elle-même la conséquence du conflit au Moyen-Orient. Ça joue tout ça ?
B
Bertrand Dumazy1:34
Alors tout ça, ça joue mais pas que. C'est-à-dire que déjà pour essayer de définir notre métier dans la mobilité, en gros, vous êtes un professionnel qui gère une flotte de véhicules, donc de véhicules de transport ou de livraison. Et Edenred est capable de vous proposer une solution complète, c'est-à-dire un, sur l'électrique, l'installation de vos bornes, la gestion de vos bornes, la consolidation au moment où vous chargez, soit au dépôt, soit à la maison, soit sur la route. Sur la route, désormais avec les produits Edenred, vous avez accès à 1 million de bornes de recharge. Et si vous avez un véhicule lourd donc et vous voyez, en fait cette activité qui commence à se développer, c'est-à-dire des camions électriques, déjà en Europe, vous avez accès à 450 bornes de recharge rapide, haute tension pour des véhicules lourds avec les solutions Edenred. Et on a une bonne nouvelle d'ailleurs cette semaine en terme de recharge électrique. La France qu'on disait tellement en retard ces dernières années finalement est en avance sur ses objectifs. Donc ça s'apporte aussi.
I
Interviewer2:28
Oui, mais c'est toujours pareil. C'est-à-dire nous les Français, on a tendance à beaucoup discuter au départ mais une fois qu'on s'est mis d'accord, on a une courbe d'adoption qui est en général beaucoup plus élevée que partout ailleurs dans le monde. Ça fait du bien en tout cas d'avoir des nouvelles un peu optimistes. La réforme des titres restaurants parce qu'on ne dit plus ticket restaurant, c'est vous les tickets restaurants.
B
Bertrand Dumazy2:45
Alors ticket restaurant, c'est notre marque et c'est le leader mondial des titres restaurants. La réforme donc qui pourrait être examinée à la rentrée par le Parlement, ça va encore élargir a priori son utilisation, être utilisé pour toutes les courses après le 31 décembre prochain. Est-ce que c'est une bonne chose pour vous ? On sait que le pouvoir d'achat des Français, ça va être un des sujets, si ce n'est le premier sujet dans cette année présidentielle.
I
Interviewer3:11
Oui. Alors, écoutez, le ticket restaurant, c'est quoi ? C'est une mesure de pouvoir d'achat équitable entre ceux qui ont une cantine et ceux qui n'en ont pas. Donc je rappelle que en France, il y a encore 50 % des travailleurs français qui n'ont pas accès à une solution d'alimentation avec une aide de leur patron pour avoir accès à une alimentation de qualité tous les jours. Donc si cette réforme permet d'amplifier l'adoption de ces produits en France, c'est une très bonne chose. Pour autant, on a droit à 25 € par jour en ce moment. Est-ce qu'il faut baisser un petit peu ce plafond sous prétexte qu'on vient acheter son déjeuner en grande distribution ?
B
Bertrand Dumazy3:49
Alors moi je pense que là où il faut faire attention, on peut acheter son déjeuner en grande distribution. La périnisation dans la grande distribution c'est acheter des produits non directement ingérables, donc des œufs, de la farine et cetera. C'est plutôt une bonne chose, mais il faut faire très attention parce que c'est quand même le patron qui paye une partie et le patron il paye pour un repas équilibré au travail et pas en dehors du travail. Donc s'adapter aux nouveaux modes de consommation, c'est très bien, mais il faut bien garder les limites, sinon le système n'aura plus d'intérêt pour ceux qui le financent. Donc la réforme en ce sens me paraît équilibrée mais il ne faut pas aller plus loin.
I
Interviewer4:26
Même argument donc pour l'extension aux achats le dimanche parce que pour le moment ce n'est pas forcément possible et ça pourrait l'être avec cette réforme.
B
Bertrand Dumazy4:34
Alors, est-ce que vous savez qu'il y a déjà près de 20 % des travailleurs français qui peuvent utiliser leur ticket restaurant le dimanche parce qu'ils travaillent le dimanche ? Donc encore une fois, ça doit rester une mesure de pouvoir d'achat équilibrée et équitable pour l'alimentation au travail.
I
Interviewer4:50
On va parler de votre plan Amplifi 2025-2029, c'est finalement le développement des aires dans les années qui viennent pour attirer de nouveaux utilisateurs. Vous en êtes où à l'issue de ce premier semestre déjà ?
B
Bertrand Dumazy5:05
Oui, le premier semestre est très encourageant puisque en fait quand on regarde nos acquisitions, elles sont de nouveaux clients, elles sont en croissance de plus de 10 %. Donc en fait, si on replace ça dans le contexte, l'année 2026 est une année de transition. C'est une année qui se passe mieux que prévue sur le premier semestre, ce qui nous permet en fait d'améliorer les perspectives sur l'ensemble de l'année et ce qui nous permet aussi d'envisager avec beaucoup d'optimisme 2027 et 2028 où on voit de la croissance de l'ordre de 8 à 12 %. Cette croissance viendra par plus d'utilisateurs, donc de la capacité à aller chercher en fait plus d'entreprises clientes des services Edenred. Et ça, on est dans un mouvement d'amplification fort notamment grâce à l'utilisation de l'IA et on doit être capable aussi de fournir plus de services pour chaque utilisateur et là aussi nos plans se déroulent conformément à ce qu'on avait prévu.
I
Interviewer6:01
Moi, j'aime pas les questions très larges sur l'intelligence artificielle. Là vous voulez continuer vos investissements dans la data, les multiplier par 6. Concrètement il va y avoir quoi dans l'IA et la data chez Red dans la prochaine année, les deux prochaines années ?
B
Bertrand Dumazy6:15
Alors très concrètement d'abord, une ambition : nous serons les grands gagnants de la révolution et de la rupture technologique de l'intelligence artificielle. Qu'est-ce que ça veut dire ? Premièrement pour nos collaborateurs, ils sont déjà 50 % à utiliser l'IA et il y en a déjà 33 % qui a été formé. On en aura 66 % d'ici à la fin de l'année. Ça veut dire que chaque collaborateur d'Edenred a accès à un environnement sécurisé multi-LLM au sein des outils de travail d'Edenred. Donc c'est de l'efficacité personnelle. Deuxième chose, c'est de l'efficacité collective, c'est-à-dire qu'on redéfinit nos process. Par exemple, l'acquisition de nouveaux clients aujourd'hui n'est pas automatisé. Tout se fait au téléphone, via email. On développe de nouveaux process qui font que l'immense majorité de tout cela va être automatisé avec des agents IA. Ce qui nous permet en fait d'aller conquérir plus de nouveaux clients plus rapidement et pour moins cher. Donc très concrètement plus rapidement ça veut dire que clore un lead, on fera 20 % de conclusion de plus qu'avant et ça devrait nous coûter à peu près 30 % moins cher. Donc on va pouvoir accélérer notre mécanique d'acquisition. La troisième chose encore plus visible, c'est que tous les utilisateurs des services Edenred, quels qu'ils soient, auront l'aide d'un agent. Donc je vous prends un exemple. Si vous utilisez en France notre solution Ticket Restaurant et avec du C.U., vous allez avoir un agent qui vous dit : « Sandra, on voit que vous aimez si ça, par exemple le jeudi, vous aimez déjeuner japonais et voilà les propositions que votre agent dédié va faire. » Plus important encore dans nos produits, notamment sur la mobilité. Vous vous levez le matin, vous prenez votre camionnette pour faire vos livraisons, vous avez votre téléphone portable qui vous parle avec votre agent qui s'appelle TED pour l'instant et TED va vous dire : « Sandra, dans ta livraison, voilà en fait le parcours optimal pour dépenser moins d'énergie, moins polluer la planète et voilà l'endroit où il faut que tu recharges électriquement ou que tu fasses ton plein d'essence ou par exemple au Brésil d'éthanol en fonction de l'évolution des prix d'une station à l'autre. » On va être accompagné tout au long de la journée dans ces repas, dans ces déplacements.
I
Interviewer8:22
Accompagné si vous le souhaitez.
B
Bertrand Dumazy8:23
Si on le souhaite. Oui, vous avez raison de le dire.
I
Interviewer8:25
Une toute petite question très vite sur Edenred qui a été rapproché par plusieurs fonds d'investissement pour un potentiel rachat du groupe. On en est où aujourd'hui de ces questions-là ?
B
Bertrand Dumazy8:36
Alors, comme disait ma chère mère, vaut mieux faire envie que pitié. Et donc en fait quand on regarde les perspectives de croissance d'Edenred et ses résultats au premier semestre, évidemment il y a beaucoup d'investisseurs qui regardent en disant « Mais on aimerait pouvoir investir dans Edenred. » C'est pour ça qu'on a eu des marques d'intérêt. Est-ce qu'on a des marques d'intérêt ? Oui. Une confirmation de cet intérêt ? Non. D'accord. On en est là pour le moment.
I
Interviewer8:59
Merci beaucoup Bertrand Dumazy d'être venu ce matin sur ce plateau. On avait beaucoup, beaucoup de sujets à traiter. PDG d'Edenred, le leader mondial des avantages au salariés. Merci d'avoir été dans la matinale de l'économie.