Eccoama émission spéciale enregistrée depuis les rencontres économiques d'Exan Provence évidemment Boursorama et partenaire comme chaque année de cette 26e édition. Votre invité à présent est Brachianov la directrice générale de Véolia. Bonjour.
Toujours un plaisir de vous retrouver.
Alors, un petit mot juste 2 secondes parce que avec les températures qui montent et la canicule qu'on a connu, le stress hydrique, on en est où en France ? Parce qu'il a beaucoup plus cet hiver. On en est où aujourd'hui ?
Alors, bonne question. On va savoir faire face cet été comme on sait le faire à chaque fois. On a l'habitude, on a des professionnels. Mais ça veut dire qu'on redécouvre de nouveau que l'eau, il faut la chérir. Il faut éviter de la gâcher, il faut la recycler, il faut la régénérer. Et ça c'est on avait commencé à avoir un petit aperçu à l'été 2022, vous vous souvenez, avec des restrictions d'eau. Et alors ce qu'il en reste, c'est qu'il y a des choses qui ont avancé. J'aimerais bien qu'elles avancent un peu plus vite. Comme je dis, il y a des choses qui ont avancé. Il y a par exemple des projets de réutilisation des eaux usées qui ont émergé en France après l'été 2022. Il y a des décrets qui sont parus pour autoriser ça. Mais là où je pense qu'on aurait pu faire plus vite, je me dis ne loupons pas cette opportunité d'accélérer sur tous ces sujets.
C'est pas seulement une question de moyens, c'est essentiellement une question de rythme et de volonté dans la durée plus que de moyen.
Oui, vous avez parfaitement raison. Notamment parce que ouais on pourrait vous dire que c'est une question de déficit, on a des comptes publics dégradés, il y a pas les moyens si c'est pas une question de moyens. Si je prends mais juste l'argent de toute façon c'est une c'est quelque chose qui a du sens de régler les problèmes avant que les crises arrivent. Ça coûte en gros entre 8 et 10 fois moins cher de régler les problèmes avant d'anticiper de déployer les solutions par exemple par utilisation des eaux usées ou d'autres plutôt que d'attendre la crise et là ça coûte 10 fois plus cher. On le voit bien que ce soit sur les dommages faits aux habitations, les assurances. Donc n'attendons pas la nouvelle crise de ce point de vue là.
Je peux être d'accord. Bon, vous parliez de canicules, on a aussi un certain nombre de choses intéressantes pour climatiser de façon naturelle les habitations, les logements, mais aussi les universités, les hôpitaux avec un exemple assez génial à Saclet, sur le plateau de Saclet en région parisienne où on a une clim naturelle réversible collective sur l'ensemble des utilisateurs sur le plateau de Saclet.
C'est quoi cette clim naturelle ? En fait, on utilise un phénomène naturel qui est qui a une aquifère à 600 m de profondeur qui a exactement la même température toute l'année. Donc qui sert de réservoir de froid l'été et de réservoir de chaud l'hiver. On dope un petit peu tout ça avec des pompes à chaleur et des pompes à chaleur réversibles, mais c'est en gros on consomme beaucoup moins d'électricité que dans des climatiseurs individuels.
Ouais. Il y a eu tout ce débat sur un éventuel plan climatisation en France.
Alors, on a ce il va falloir plus de climatisation en France. Il faut aussi verdir nos villes hein puisque on sait que ça fait partie des solutions pour diminuer la température en été. Je rappelle aussi qu'il y a par exemple des gens qui travaillent en extérieur donc la climatisation ça va pas être la solution unique, c'est une parmi d'autres. Donc je disais verdir les villes, faire en sorte qu'on ait pas besoin de climatisation aussi souvent et puis encore une fois des solutions plus naturel et plus vertueuse aussi comme celle dont je vous parle. On a identifié une centaine de sites en France dans lesquels on pourrait déployer ce type de solution. C'est pas partout mais ça fait partie des solutions Veolia.
Des solutions Veolia bien sûr. Oui, d'accord. Je voulais être sûr. Donc il y aura des régions ou pas sur cet été où on risque de manquer d'eau ou pas où on est on sera à la limite du ?
Ah bah on on monitore ça de façon très très j'allais dire fine au fil de l'eau et on fait tout pour qu'il n'y ait pas de ou le moins possible de restriction d'eau en France.
Bien sûr vous parliez de la réutilisation des eaux usées. J'ai retrouvé ce chiffre. On est à 8 % d'eau recyclée dans le monde. En France, on n'est pas les champions.
On a un petit peu progressé par rapport à il y a 2 ans, mais on est toujours très inférieur à ces chiffres. On est plutôt autour de 1 %, peut-être un peu plus maintenant. Là où on est à 15 % en Espagne, c'est pas tout à fait par hasard. C'est pour ça que je disais l'Espagne par exemple a eu plus chaud plus tôt. Donc elle a déployé ce type de savoir-faire bien avant. Ça a commencé à prendre mais je pense qu'il faut aller plus vite et pour moi le sujet vous parliez du budget de l'État et des moyens qu'on avait ou qu'on avait pas le sujet principal c'est le rythme. N'attendons pas la prochaine crise et la prochaine canicule ou les prochaines restrictions d'eau pour déployer des choses dont on sait qu'elles fonctionnent.
Ça marche pour cette eau réutilisée, elle est pas censée être bu évidemment hein.
Ah, on peut tout à fait enfin on a les technologies pour la boire pour la traiter et en fait la purifier à un niveau de qualité qui permettrait de la boire. Mais on a beaucoup d'autres choses à faire avant. Pour l'agriculture. On a eu un projet qu'on a inauguré il y a 15 jours dans les Pyrénées-Orientales qui permet d'irriguer 600 hectares dans une zone de France qui en fait manque régulièrement d'eau. Voilà le nettoyage urbain, l'arrosage de jardin de parc comment là aussi on accélère parce que on est 1 % le monde est à 8 et les Espagnols sont à 15. Il y a du chemin à faire. He bah je crois que je je suis un peu à me répéter mais le rythme le rythme l'action publique collective c'est pas seulement se donner des grandes ambitions, c'est à un moment donné passer du temps sur la mise en œuvre de ces solutions, sur le fait qu'au lieu de se dire ça va mettre 5 ans, bah si on peut gagner un an ou deux, et ben ça permettra d'éviter autant de jours de restriction et donc d'être attentif à la mise en œuvre et au rythme de mise en œuvre. C'est pas ce sur lequel on est le plus fort dans ce pays et malheureusement en Europe de façon générale. Et en attendant, c'est vrai qu'on a des endroits dans le monde qui ont déployé des choses comme ça beaucoup plus vite.
Hm. Ça fait quasiment 4 ans. Happy birthday que vous êtes arrivé à la tête de tout à fait. Numéro 1 mondial, on le sait de l'eau et des déchets présent aussi dans l'énergie. Qu'est-ce qui a changé en 4 ans depuis que vous avez pris les rennes ? Qu'est-ce qui a changé chez Veolia ?
Alors ce qui est resté c'est que c'est une entreprise formidable que j'adore avec notamment 220 000 salariés complètement engagés tous vers la mission et le projet de l'entreprise qui est la transformation écologique dans les territoires avec du concret des projets tels que ceux qu'on décrivait tout à l'heure. Là où petit à petit l'entreprise se transforme c'est qu'elle est de plus en plus internationale et de plus en plus technologique. On a fait des investissements massifs aux États-Unis notamment, mais pas uniquement, en Australie, en Amérique du Sud. Donc l'entreprise, elle est maintenant très présente dans 45 pays et à chaque fois on est dans les trois premiers de notre métier dans le pays en question. Donc quand on y va, c'est pour être bon et pour être fort. Donc finalement, on exporte le savoir-faire français si vous voulez, partout dans le monde. On parlait de l'eau dans les pays du golfe Persique. On vient rechercher les savoir-faire de Veolia, par exemple pour du dessalement d'eau de mer où on est numéro 1 mondial.
Donc c'est compétitif quand on n'a pas le choix. Le dessalement, il faut le faire.
Le dessalement. Le dessalement alors c'est la chose qu'il faut faire uniquement quand vous avez déjà fait tout le reste. Donc j'allais dire ne commençons pas par le dessalement. On finit par le dessalement quand on a évité les fuites dans les réseaux, éviter le gâchis à la maison, réutiliser les eaux usées. Et quand on a fait tout ça, alors au bout d'un moment, on a plus le choix. C'est le cas des pays du golfe, c'est le cas du sud de l'Europe. Mais il faut commencer par tout le reste d'abord. Et alors est-ce que c'est compétitif ? Ça l'est de plus en plus. Puisque quand je disais innovation et technologie, on a investi massivement pour que le dessalement soit de plus en plus économe en énergie et donc compétitif en prix. En gros, on a divisé par 5 le prix et la consommation d'énergie depuis 20 ans. Donc ça devient compétitif.
Dans les pays qu'il reste encore à conquérir et être dans le top 3, vous visez quoi ?
Alors conquérir, c'est pas forcément comme ça que je le vois. Où est-ce qu'il y a des besoins très forts ? Je disais, on est déjà présent dans 45 pays. 45 pays, c'est déjà beaucoup. Je n'ai pas l'ambition de couvrir l'ensemble du monde. Parce que je le disais, quand on est dans un pays, c'est pour être vraiment dans les meilleurs dans le pays. Donc je préfère concentrer mon attention sur et celle du groupe sur les endroits où on fait le plus de différence. Et la demande de nos services, elle est très forte déjà dans beaucoup de pays. Donc on a encore des voies de croissance nombreuses.